Haro sur la gestion des événements complexes !
Quelle mouche a piqué les éditeurs d’infrastructure ? En quelques semaines, au moins quatre d’entre eux se positionnent sur le CEP. Dernier en date : Informatica, qui a annoncé hier le rachat d’Agent Logic.
01net.
le 03/09/2009 à 18h50
Le spécialiste de l'alimentation de données, Informatica, s'engage dans le sillon d'IBM, de Tibco et autre Software AG. Comme ces grands du middleware, il mise désormais sur le CEP (Complex Event Processing), ou la gestion des événements complexes, en rachetant l'américain Agent Logic. Cette brique d'infrastructure capture en entrée des événements, les corrèle selon des règles métiers et génère en sortie une alerte, une valeur ou une aide à la décision. Très souvent exploité dans un contexte temps réel, le CEP joue le rôle d'un catalyseur : il déclenche un processus d'entreprise, sollicite une application ou notifie un opérateur d'une action à mener.
Ces dernières semaines, cette technologie a eu le vent en poupe. En témoignent les annonces d'IBM (lancement d'Infosphere Stream au mois de mai, intégration en août de son middleware orienté RFID avec Websphere Business Events), de Microsoft (son CEP verra le jour en 2010), de Sybase (le sien a été présenté en mars pour son offre analytique) et aujourd'hui, donc, d'Informatica. Agent Logic permettra à ce dernier de se rapprocher du traitement en temps réel et surtout de se défaire de l'image (qui lui colle à la peau) de simple fournisseur d'ETL (Extract Transform Load), déconnecté du monde transactionnel.
La corrélation temps réel plutôt que l'analyse a posteriori
« Plutôt que de charger les données traditionnellement dans un datawarehouse, de les "requêter" et de prendre des actions a posteriori, le CEP nous permettra de cibler à la source et en temps réel les corrélations d'événements qui font sens pour les métiers », explique Chris Boorman, le patron du marketing d'Informatica. Le CEP sera donc pour l'éditeur un complément aux approches traditionnelles de Business Intelligence. Par ailleurs, il entend avec cette nouvelle plate-forme enrichir son récent moteur de résolution d'identité (issu du rachat de Identity Systems).
En dépit de ces pistes, Informatica reste pourtant assez vague sur les scénarios d'intégration entre son moteur CEP et son portefeuille de produits existants. A titre de comparaison, les positionnements d'IBM ou de Tibco paraissent plus clairs. Leur CEP est amené à converger avec leur bus, leur gestion de processus (BPM) ou encore (surtout chez IBM) leur moteur de règles. « Selon nous, le CEP reste plus utile au niveau de la donnée et de son traitement qu'au niveau de ces différentes briques middleware ». Reste à concrétiser cette vue.