Ecroulement exceptionnel des ventes de serveurs
Avec 30 % de ventes en moins sur un an et quatre trimestres consécutifs de baisse, le marché des serveurs est sinistré comme jamais. La crise n'explique pas tout : la virtualisation est aussi en cause.
01net.
le 04/09/2009 à 18h02
Les observatoires IDC et Gartner sont d'accord : le marché des serveurs a chuté d'un tiers au deuxième trimestre 2009 par rapport à la même période de l'année dernière, en volume comme en valeur. Pour IDC, il s'agit d'un record, le marché n'ayant jamais connu une telle baisse, au moins depuis 1996. Ses analystes ajoutent que les ventes de serveurs déclinent désormais sans discontinuer depuis un an, ce qui constitue une autre première.
Selon Gartner, les matériels les plus concernés sont les serveurs Unix, avec environ 40 % d'unités vendues en moins, contre une baisse en volume d'environ 27 %, pour les serveurs x86. Et c'est en zone Emea, à savoir en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique, que les constructeurs ont gagné le moins d'argent, avec un chiffre d'affaires en recul de 35 % environ, toujours d'après Gartner.
Le palmarès des ventes en volume ne bouge pas d'une année sur l'autre, preuve que les exceptions technologiques des uns et des autres n'ont pas été déterminantes. D'après Gartner, HP occupe toujours la première place mondiale, avec 31 % de part de marché, suivi de Dell (23,9 %), IBM (13,4 %), Sun (3,8 %) et Fujitsu (2,9 %). Ce dernier reste plus performant que Sun sur le seul marché Emea. Au total, 1 685 806 serveurs auraient été vendus dans le monde entre avril et juin 2009, contre 2 340 777 au deuxième trimestre 2008. En zone Emea, cela représente 491 658 serveurs, contre 722 402 l'année passée.
Le responsable : la virtualisation
Reste que cette baisse est difficilement imputable à la seule crise financière. De leur côté, les marchés du stockage, du PC de bureau et des processeurs n'ont baissé que d'environ 16 % chacun. Pour Mathieu Poujol, analyste au cabinet Pierre Audoin Consultants, le différentiel entre la chute des ventes de serveurs et le reste du marché incombe au succès de la virtualisation : « Les constructeurs se sont tiré une balle dans le pied en vendant des serveurs physiques capables de consolider dix serveurs virtuels. Du coup, les entreprises s'équipent avec moins de matériel qu'auparavant. » Pour lui, les résultats catastrophiques des serveurs témoignent surtout de la maturité des solutions telles que VMware.
Mathieu Poujol estime que cette situation va perdurer, même après la sortie de crise. « La virtualisation présente l'avantage de faciliter la gestion du système d'information et de mieux en maîtriser les coûts. Si bien que les entreprises n'ont aucun intérêt à s'en passer, même en période faste. » Et d'ajouter que, malheureusement pour les constructeurs, le phénomène pourrait finir par s'étendre aux postes de travail. « Quand la technologie de virtualisation des PC sera au point, attendez-vous à voir les ventes de ces matériels baisser de la même manière que celles des serveurs », indique-t-il.