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En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Dur, dur de faire des affaires en Europe : c'est le sentiment des professionnels indiens de la high-tech, qui aimeraient pourtant bien développer fortement leur présence sur le Vieux Continent, pour rééquilibrer le poids prépondérant des Etats-Unis dans leurs carnets de commandes. Mais ils n'apprécient pas, mais alors pas du tout, les pesanteurs administratives européennes...
Le problème numéro un mis en avant par les professionnels indiens des technologies de l'information sondés par l'organisation patronale FICCI est celui des permis de travail pour leurs salariés venus d'Inde. Des permis qui sont « difficiles à obtenir », avec des procédures très longues. Or, soulignent-ils, de tels retards « sont peu appréciés par les clients européens, qui signent des contrats prévoyant des délais serrés et qui attendent d'être livrés en temps et en heure ».
Le problème ne s'arrête pas là : obtenir des visas ou des permis de travail pour les époux des salariés indiens tient apparemment de l'exploit. Quant à l'idée de déplacer en Europe un salarié indien, elle relève du casse-tête. Dans certains pays comme l'Allemagne, souligne l'étude, « les permis de travail sont toujours donnés pour une ville précise ». Et les permis ne sont pas valables dans plusieurs pays. Comment faire, autrement dit, si l'on a brusquement besoin à Londres des compétences d'un ingénieur qualifié basé à Francfort ?
Les entreprises high-tech indiennes s'en prennent aussi aux visas britanniques valables six mois seulement et dénoncent les « barrières linguistiques » dans des pays comme la France, qui exige que toute la documentation soit rédigée en français.
Ce qui est cocasse dans cette affaire, c'est que les critiques indiennes envers l'Europe reflètent assez exactement les critiques européennes envers l'Inde : pas un homme d'affaires français basé ici qui ne râle contre les pesanteurs de l'administration indienne, les difficultés récurrentes pour l'obtention des permis de séjour et de travail, les différences de règles administratives entre les Etats indiens, sans parler des complications liées à la multitude de langues parlées dans le pays...
Si les critiques sont aussi symétriques, ce n'est peut-être pas tout à fait une coïncidence : les Indiens sont très attachés à la notion de réciprocité et ne voient pas pourquoi ils traiteraient mieux les étrangers venant chez eux que ne le sont les Indiens qui vont à l'étranger. Alors, qui se décidera à faire le premier pas pour se montrer plus accueillant ?
















