Software AG : « Le rachat d’IDS Scheer nous donne accès aux clients SAP »
Karl Heinz-Streibich, PDG de Software AG, revient sur l'acquisition cet été D’IDS Scheer, spécialiste de la modélisation de processus, notamment sous SAP.
01net.
le 09/09/2009 à 15h05
Avec le rachat d'IDS Scheer, l'éditeur allemand dispose désormais de toutes les briques d'infrastructure : de la modernisation du mainframe au design de processus, en passant par le middleware (issu de l'acquisition de Webmethods, en 2007). Mais il a beau peser plus de 1 milliard de dollars, il reste un nain dans la cour des grands de l'infrastructure, dominée par IBM, Oracle ou Microsoft. Pour se démarquer, il jette son dévolu sur une cible particulière : les utilisateurs métier de SAP. Sofware AG n'en comptait que 500. IDS Scheer lui en livre 7 500 sur un plateau.
1netPro. : Il existe un fossé culturel entre la modélisation métier - acquise avec IDS Scheer - et votre activité mainframe - qui pèse pour plus de la moitié dans vos revenus. Comment comptez-vous le combler ?
Karl Heinz-Streibich : Il n'y en a pas. Ce fossé aurait existé avec le Software AG de 2003. Nous n'avions alors à notre portefeuille qu'Adabas-Natural, notre offre historique liée aux mainframes. Entre temps, avec le rachat de Webmethods, nous nous sommes ouverts au monde de la connectivité, de l'intégration et du SOA.
Aujourd'hui, en touchant les métiers, nous rajoutons une brique naturelle à l'édifice. Par ailleurs, pour nos ventes, nous avions besoin de gestionnaires de comptes orientés métier. Il aurait été trop long de développer cette compétence en interne. Surtout pour une entreprise comme la nôtre, d'origine technique.
Plus qu'un éditeur, vous rachetez avant tout une structure de services, comme en témoigne la répartition des revenus d'IDS Scheer.
IDS Scheer a deux lignes de produits. L'une est consacrée à Aris, pour la modélisation métier. Les services y représentent classiquement un tiers, au même titre que les licences et la maintenance. L'autre ligne est dédiée aux implémentations de processus sous SAP. Elle compte 200 consultants, qui certes utilisent Aris, mais qui dans le futur s'appuieront sur notre middleware. Celui issu de Webmethods. Nous n'aurions pas acheté IDS Scheer si l'éditeur n'avait eu qu'Aris à son catalogue.
En ciblant avec votre middleware les terres de SAP, vous vous opposez frontalement à Netweaver. N'est-ce pas risqué ?
Non, car Netweaver n'est pas un vrai middleware. Il fonctionne pour des connexions internes à SAP mais n'est pas adapté aux problématiques B to B. Jusque-là, cette infrastructure n'a pas réussi à s'ouvrir. Et je doute qu'elle y parvienne dans les cinq prochaines années.
En revanche, SAP pourrait exploiter notre technologie puisqu'elle concrétise ce que l'éditeur aimerait réaliser avec Netweaver. A noter qu'il embarque Aris depuis des années.
Il y a six ans, vous vouliez faire dans le middleware ce que SAP a fait dans les applications. Cette prophétie est-elle toujours d'actualité ?
Oui. Lorsque que je suis arrivé la tête de Software AG, la compagnie réalisait 400 millions de chiffre d'affaires. Ses profits étaient en baisse. Son image en berne. Nous vivions un moment critique de notre histoire. Je m'étais alors fixé comme objectif de devenir le second éditeur d'Europe, derrière SAP.
Nous ne sommes qu'au milieu de ce processus. Nous sommes passés l'année dernière à 1,1 milliard de dollars. Notre rentabilité augmente et notre capitalisation a augmenté de plus 500 %. Quant à SAP, il était 25 fois plus gros que nous. Ce facteur est passé à 10 aujourd'hui.