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La troisième SSII indienne, confrontée au retournement de la conjoncture, taille dans ses effectifs mais cherche aussi de nouvelles niches de marché. Wipro lance sa première offre de cloud computing : Wipro Software as a Service (w-SaaS). L'objectif n'est pas de rivaliser avec les services de cloud publics d'Amazon ou de Google mais d'apporter une solution aux éditeurs de logiciels qui voudraient lancer leurs progiciels sous la forme de services SaaS.
Un positionnement indirect et prudent mais qui correspond bien à l'état de maturité du marché vis-à-vis du cloud computing, si l'on en croit Gérard-Philippe Correia, associé chez Seriacom & CM Conseil, cabinet de conseil spécialisé dans Oracle Application : « Je reste dubitatif à l'idée qu'un grand compte accepte de placer ses applications stratégiques sur une offre cloud de ce type. Cela dit, w-SaaS est effectivement une solution séduisante pour les éditeurs de logiciels qui sont en train de définir leur modèle économique. Wipro lève pour eux le frein lié à l'infrastructure et à l'exploitation des plates-formes. »
W-SaaS est exclusivement basé sur des technologies Oracle : la base de données Oracle, bien sûr, mais aussi le serveur d'applications WebLogic et enfin Oracle VM, la solution de virtualisation de l'éditeur.
Mais, plus que l'hébergement de serveurs stricto sensu, la valeur ajoutée de l'offre de Wipro réside dans les couches logicielles mises en place par le prestataire pour gérer son service. La SSII propose un ensemble de services d'architecture orientée services (SOA) pour assurer la gestion des utilisateurs et l'administration des serveurs virtuels et accéder aux métriques de performances et à la facturation. Une console de supervision, Unified Admin Console, permet le provisioning des serveurs.
Enfin, Wipro a travaillé à l'interopérabilité de son offre w-SaaS en proposant Cloud Provisioning Fabric (CPF). La vocation de ce framework est de faciliter les échanges entre w-SaaS et les clouds privés des entreprises ou les services de cloud publics.
L'annonce de w-SaaS n'est pas anodine dans la stratégie de Wipro. L'indien a été attaqué par les analystes financiers lors de la publication de ses résultats annuels, qui étaient en retrait. Wipro, tout comme Infosys, a été pointé du doigt pour son absence de stratégie claire dans le SaaS et accusé de miser seulement sur le faible coût de ses milliers de développeurs. Aujourd'hui, la SSII répond aux analystes tout en restant prudente. Plutôt que de se poser en concurrent des grands spécialistes de l'infogérance que sont IBM et EDS (HP) mais aussi des opérateurs de télécoms qui se ruent sur le marché naissant du cloud privé externalisé, Wipro s'essaie au modèle indirect. Une démarche plus proche du Club Alliances d'IBM que du cloud débridé façon Amazon.
Ce changement de stratégie a été entamé dès 2007 lorsque Wipro a réalisé l'acquisition des centres de données de l'américain Infocrossing, centres qui vont désormais accueillir les serveurs qui motoriseront le service w-SaaS.















