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Le grand emprunt national au secours de la fibre ?

Le séminaire gouvernemental du 10 septembre, consacré à l’économie numérique, a rappelé l’enjeu du très haut débit pour tous. Le grand emprunt pourrait contribuer à ce défi, chiffré à 40 milliards d’euros.

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Une journée pour convaincre. Pour son séminaire en faveur de l'économie numérique, NKM avait vu grand. Pas moins d'un Premier ministre et de quatre ministres en activité sont venus défendre, le 10 septembre, la cause du numérique auprès de Michel Rocard et d'Alain Juppé, coprésidents de la commission chargée de dégager des priorités pour l'emprunt national. Un grand oral qui a mêlé les sujets sur les tuyaux, les contenus et les services. Mais c'est sur le terrain du très haut débit pour tous que Nathalie Kosciusko-Morizet semble avoir marqué des points. Selon les orateurs présents (associations de fournisseurs d'accès internet, régulateurs, collectivités locales ou hommes politiques), le grand emprunt pourrait avoir un effet de levier dans le développement de la fibre optique mais aussi dans celui du satellitaire ou de l'hertzien dans les régions les plus reculées.
François Fillon a posé le débat en trois chiffres : 9 millions de foyers n'ont pas accès à internet, 2 % d'entre eux ne sont pas éligibles à l'ADSL et 364 communes ne sont pas desservies en téléphonie mobile. Seule annonce de ce séminaire : le Premier ministre a demandé à la Caisse des dépôts (CDC) de mobiliser 750 millions d'euros de fonds propres pour accélérer le déploiement de la fibre optique dans les zones moyennement peuplées.

Un investissement vingt fois supérieur au haut débit

Si la somme est importante, elle reste modeste face à la taille de l'enjeu. « Le haut débit, c'est 2 milliards d'euros d'investissement ; le très haut débit, 40 milliards ! », a rappelé, calculette à la main, Augustin de Romanet, directeur général de la CDC.
Un changement d'échelle qui nécessite, selon Jean-Ludovic Silicani, président de l'Arcep, un savant dosage entre investissement privé et financement public en fonction du découpage du territoire. Pas de problème pour la zone 1, représentant les 25 premières agglomérations et 5 millions de Français. La rentabilité est au rendez-vous, les opérateurs privés aussi. A l'autre bout du spectre, la zone 3 regroupe les régions les moins denses,celles où la rentabilité n'est plus possible. Les collectivités locales et l'Etat, sous forme de subventions, ont leur rôle à jouer pour combler cette fracture numérique et rétablir l'équité d'accès.
Entre deux, la zone 2 pose problème. Les villes de 5 à 10 000 habitants ne sont ni assez riches pour intéresser les opérateurs privés ni suffisamment pauvres pour être soutenus par l'Etat. Augustin de Romanet a proposé la création d'un « opérateur mutualisé unique » qui regrouperait des acteurs privés, la CDC et l'Etat (via le grand emprunt). « Cette solution permettrait de mutualiser les investissements, d'éviter les doublons et de gagner du temps en ne partant pas dans des discussions région par région. »
Qu'en pensent Michel Rocard et Alain Juppé ? Le premier a douché l'assistance. « Ne rêvez pas. Le grand emprunt ne pourra être grand par le montant. Le très haut débit a déjà pour lui  l'effet de mode, le public et le marché. Je ne suis pas en train de vous dire non, mais la sélection des bénéficiaires sera redoutable. » Dans un numéro de duettistes bien travaillé, Alain Juppé soufflait, lui, le chaud. « Si nous décidons d'investir dans les infrastructures, celles du numérique seront prioritaires ». Résultats des courses la première quinzaine de novembre.

Un débat web 2.0 sans… interactivité

NKM, pardon nk_m, a rappelé son attachement au microblogging. Elle proposait hier au public du séminaire d'interagir avec les orateurs via Twitter. Un hashtag – mot clé permettant de regrouper des tweets autour d'un sujet – était lancé : #emprunt. Petit hic, impossible d'obtenir le mot de passe donnant au accès au réseau Wi-Fi de la salle. Attachées de presse, hôtesses d'accueil, portiers... personne ne le connaissait. L'interactivité n'était pas non plus dans la salle. Les débats se sont déroulés six heures durant sans que les orateurs ne puissent s'interrompre ou répondre aux questions de la salle. En fin de journée, la secrétaire d'Etat clôturait les sessions. Une « restitution des travaux » est censée représenter les discussions. Quelles discussions ?

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