Océane Consulting : «La grippe A pourrait effacer notre résultat annuel»
Le dirigeant de cette petite SSII a fait ses comptes. L’absentéisme provoqué par la pandémie pourrait lui faire perdre jusqu’à 250 000 euros de chiffres d’affaires.
01net.
le 18/09/2009 à 16h15
Jean-François Fellmann, fondateur d'Océane Consulting
Cofondateur d'Océane Consulting, Jean-François Fellmann, 37 ans, est prêt à combattre la grippe A. La SSII, qui emploie une cinquantaine de salariés pour un chiffre d'affaires de 3,5 millions d'euros, a pris toutes les mesures pour enrayer la pandémie. A commencer par le fameux plan de continuité d'activité. En revanche, le virus H1N1 pourrait avoir un impact non négligeable sur le compte d'exploitation. Non pour l'achat des masques et des solutions hydro-alcooliques qui ne devrait pas dépasser les 2 000 euros, le gros de l'investissement relevant des entreprises clientes. « La plupart de nos consultants sont sur site, et c'est le donneur d'ordre qui est responsable de la sécurité et de l'hygiène des locaux », rappelle Jean-François Fellmann.
Un pic à 40 % d’absentéisme pendant deux semaines
Il en va tout autrement de l'activité, élément moteur d'une société de services. A partir des scénarios évoqués par les autorités compétentes (et notamment le ministère de la Santé) d'un taux d'absentéisme de 25 % pendant un mois et demi avec un pic à 40 % sur deux semaines, la SSII a fait ses comptes : le manque à gagner s'élèverait entre 200 000 et 250 000 €. « Cela correspondrait grosso modo à notre résultat annuel. » Et là, pas question de faire appel à l'intérim sur de la prestation intellectuelle.
Ne cédant pas au pessimisme, Jean-François Fellmann estime que le profil de son effectif le préserve du pire. « Nos consultants sont des hommes, jeunes, célibataires à 90 %. Or le virus touche d'abord les enfants. Et une part importante de l'absentéisme découlera, de façon indirecte, de la garde d'enfants. » La piste du covoiturage est également évoquée afin d'éviter la case transports en commun, vrai bouillon de culture.
Bien sûr, la SSII est dépendante des décisions prises par le client final. « S'il décide de fermer un département, cela ne sera pas de notre fait. » Pour parer à cette éventualité, Océane Consulting préconise le télétravail. « 80 % de nos consultants, notamment les développeurs, sont en mesure de travailler depuis chez eux. Au siège, la plate-forme peut aussi accueillir une quinzaine de salariés. »
Quant aux compétences clés de l'entreprise, leur « sort » est déjà réglé. La SSII étant dirigée par trois associés, l'un d'eux restera chez lui. De même, une partie du personnel administratif sera confiné à domicile.