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En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Dans le nord-est de la Chine, la ville de Dandong s'étire le long de la rivière Yalu. Sur l'autre rive, c'est la Corée du Nord, ses avant-postes militaires et un pont unique qui fait le lien entre les deux pays. Si du côté chinois les tours fleurissent, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) offre un visage bien différent, avec des maisons délabrées et une absence totale d'éclairage le soir venu.
Pourtant la Corée du Nord possède des avantages par rapport à la Chine, en particulier dans le secteur informatique.Yang Dong, jeune ingénieur informatique de 27 ans, travaille pour une société basée à Dalian, une des zones phares pour le développement de logiciels et l'outsourcing en Chine. Son activité à Dandong consiste à faire le lien entre son entreprise et des partenaires en Corée du Nord. « Depuis quelques années, les Nord-Coréens mettent le paquet dans l'informatique. Ils sont très forts dans la programmation et l'animation pour les jeux vidéo. Ils sont précis, attentifs aux détails, ce qui manque souvent chez nous. De plus, leurs développeurs et designers coûtent nettement moins cher, et l'organisation du travail très rigoureuse fait qu'ils sont assez fiables », raconte-t-il.
En raison de la proximité linguistique, des projets sud-coréens externalisés en Chine sont aussi en partie sous-traités en RPDC. « Nous faisons attention avec ce genre de chose car les Sud-Coréens ne veulent pas que des données sensibles arrivent là-bas. Le système et la mentalité actuels restent un frein au business. Les partenaires que je côtoie sont très discrets, ils restent entre eux et interagissent peu avec les équipes locales. Cela peut devenir un problème », ajoute le jeune Chinois.
Par chance, deux spécialistes nord-coréens sont de visite dans les locaux de Yang Dong le jour de mon passage. Ils resteront à Pékin pendant trois mois pour travailler sur le développement d'un nouveau logiciel. Le plus âgé porte une sorte d'uniforme officiel ultrastrict digne de Star Trek, avec un pin's à l'effigie de Kim Jong Il, le « généralissime » Kim Jong Il, tient-il à préciser. Après dix ans d'études en sciences de l'informatique, ce professeur quinquagénaire a monté sa compagnie en 1999 avec le soutien de l'Etat. Son entreprise emploie une dizaine d'ingénieurs spécialisés et collabore régulièrement avec la Chine.
Salaires, conditions de travail et différences avec l'empire du Milieu, autant de questions accueillies avec un sourire bienveillant, mais laissées sans réponses. En revanche, lui a une question sur la France : « Est-ce vrai que votre Président a divorcé pour se remarier à une actrice », me demande-t-il avant d'éclater de rire.
















