Des chercheurs fabriquent les processeurs de demain
Deux équipes du MIT ont chacune découvert une méthode d’avant-garde pour fabriquer des processeurs plus rapides.
01net.
le 30/09/2009 à 17h14
En marge du salon Intel Developer Forum 2009, qui s'est tenu à San Francisco du 22 au 24 septembre, des chercheurs du fameux MIT (Massachusetts Institute of Technology) américain ont présenté deux nouveaux procédés chimiques pour fabriquer des semi-conducteurs encore plus performants. Ça tombe bien car les fondeurs arriveront bientôt au bout des moyens industriels en vigueur.
Le premier procédé sert à fixer des nanotubes de carbone à la surface des wafers (les disques sur lesquels on grave les circuits électroniques) à la place des interconnexions en cuivre. On obtient alors des circuits 30 fois plus denses que ceux des processeurs actuels, soit, selon la loi de Moore, des puces électroniques 30 fois plus puissantes. Le second consiste à mélanger deux matériaux différents pour fabriquer des processeurs qui supportent un plus grand nombre de gigahertz sans chauffer plus.
Des nanotubes assemblés par cuisson...
La découverte de l'équipe du professeur Gilbert D. Nessim a tout d'une recette de cuisine : plutôt que de chercher à coller des nanotubes sur un wafer, on les fait croître dans un four. En l'occurrence, les chercheurs vaporisent sur ce disque du tantale et du fer puis l'aspergent d'éthylène à exactement 475°C. A cette température, le gaz se décompose et ses molécules de carbone se fixent sur les deux métaux précédents d'une manière particulière, créant ainsi un maillage d'interconnexions en nanotubes à la surface du disque.
...ou un processeur fait de deux matériaux
L'équipe du professeur Tomas Palacios a, quant à elle, réussi à fabriquer un processeur dont les unités de calcul, en nitrure de gallium, vont plus vite que la mémoire cache, en silicium classique. Le nitrure de gallium permet de grimper plus loin dans les gigahertz, mais c'est un matériau moins stable, avec lequel on ne parvient pas à graver un grand nombre de transistors. L'idée consiste donc à le réserver à ceux des unités de calcul. D'une part parce qu'ils sont minoritaires. D'autre part parce que c'est surtout leur vitesse qui conditionne les performances d'un processeur.
Reste à savoir si les industriels du processeur, Intel et IBM en tête, vont se précipiter pour industrialiser ces procédés. Rien n'est moins sûr, car ils supposent de revoir entièrement la conception des usines actuelles. Or celles-ci doivent vivre encore plusieurs années pour rentabiliser les milliards de dollars qu'a coûté leur construction.