Etre licencié dans la Silicon Valley, simple comme un coup de fil
Un Français exilé dans la baie de San Francisco raconte sur son blog comment il a été viré à distance, par téléphone et coursier interposés. Un témoignage révélateur des mœurs décapantes actuellement en vigueur dans la « vallée ».
01net.
le 01/10/2009 à 13h00
Depuis 2005, « Arnaud H » nous raconte par le menu sur son blog, les tribulations d'un Français exilé dans la Silicon Valley « Des grenouilles dans la vallée ». Un site référence pour toute la communauté des « froggies » expatriées. Son billet intitulé « pink slip », et daté du 25 septembre, sera malheureusement l'un des plus commentés. Arnaud nous raconte comment il a été viré par un simple coup de fil. Encore convalescent chez lui à la suite d'une opération de la vésicule biliaire, il assure son entretien bimensuel avec « sa chef » par conférence téléphonique. Surprise, elle est accompagnée de sa supérieure hiérarchique, récemment promue.
«Une demi-heure plus tard, un livreur me tend mon chèque de départ»
La conversation ne tourne pas comme prévu. Elles lui annoncent d'emblée son licenciement, avec effet immédiat. « Une fois asséné le verdict, pendant lequel je ne pipe mot – un peu sous le choc et préférant rester civil –, mes deux supérieures se déconnectent de la conférence, et un responsable des RH prend le relais. Avec un tact poli par, sans doute, des années d'expérience », ce dernier détaille les « conséquences techniques » de son licenciement. Pas la peine de descendre dans la vallée, cela pourrait mettre un coup de bourdon à ses désormais ex-collègues. Un coursier viendra la semaine prochaine récupérer ses deux Mac, son disque dur externe servant à ses sauvegardes, sa Cryptocard, et son badge d'accès. Ses quelques affaires restées au bureau lui seront expédiées directement chez lui.
« Une demi-heure plus tard, on frappe à ma porte. Le livreur Fedex me tend une enveloppe, qui contient mon dernier chèque. Pas d'indemnités évidemment, juste mon salaire dû, ainsi que le solde de mes congés payés et l'épargne allant chaque semestre à un achat d'actions de l'entreprise. Dans le dossier de réception de ma messagerie, une lettre détaille la justification derrière mon licenciement. » D'autres employés ont reçu des courriers similaires ces derniers mois.
Des collègues incrédules le contactent via iChat, courriel, Facebook,et Twitter i. « Notez bien mon adresse électronique perso. Si, si, ça ira. Non, je n'ai pas démissionné, j'ai bien été licencié. » Une heure plus tard, sa connexion au serveur de messagerie interne est coupée. Le soir, à minuit, son téléphone mobile, dont la facture était payée par son employeur, n'aura plus accès au réseau AT&T...