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Avaya a croqué Nortel, c'est un fait. Même si le nouvel ensemble attend le feu vert des différentes autorités compétentes tant en Amérique du Nord qu'en Europe, une chose est certaine : d'ici trois à quatre mois, une fois ce rapprochement décidé, la marque Nortel disparaîtra dans le monde de l'entreprise.
Mais quel intérêt pour Avaya de croquer Nortel, si ce n'est de s'offrir une ultradomination sur le marché outre-Atlantique ? « En Europe, et en France particulièrement, Avaya est très fort dans le domaine de la voix, surtout en centre d'appels, alors que la force de Nortel se situe beaucoup plus dans le monde de la donnée. L'offre sera très complémentaire », explique François Lançon, président de la branche entreprise de Nortel pour l'Europe et l'Asie.
Certes, mais quid des offres de Nortel et de leur maintenance à long terme ? « Avaya s'engage à fournir un suivi des produits pendant un certain temps », soutient François Lançon. De fait, dans une lettre ouverte disponible sur le site d'Avaya, Kevin Kennedy, CEO de l'acheteur, promet une migration douce et surtout une préservation de l'existant chez les clients.
De même, François Lançon a lancé un vaste tour des 40 pays dont il a la charge pour rassurer les partenaires distributeurs. « Avaya était surtout sur un modèle de vente directe et n'avait commencé que très récemment, il y un an environ, à se constituer un réseau indirect. Ainsi, il y a assez peu de recouvrement à ce niveau là aussi ». D'ailleurs, les intégrateurs pourraient voir dans ce nouvel ensemble une bonne opportunité de se lancer dans une diversification de leur expertise. Ainsi, les sociétés spécialisées dans le domaine de la data pourront faire une incursion dans le domaine de la voix et vice-versa.
Mais par-delà le discours forcément rassurant, quelques questions trouvent des réponses plus ou moins satisfaisantes. Que devient notamment le partenariat que Nortel avait noué avec Microsoft dans le domaine des communications unifiées ? Avaya, réputé pour ses produits très propriétaires, saura-t-il trouver les ressources pour se tourner vers plus d'ouverture ? Encore quelques mois et ces inquiétudes seront, peut-être, dissipées.
La division CDMA est partie dans le giron d'Ericsson et l'Entreprise appartient donc à Avaya. Nortel doit encore vendre la division Optique, CVAS (Carrier VoIP and Application Solutions), GSM/GSM-R et l'entité spécialement dédiée à la Corée du Sud.
















