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En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Ancien ingénieur réseaux de l'ambassade de France à Pékin, Hacène Taïbi, approchant la trentaine, a décidé de lancer sa propre SSII en Chine. Les bases de la société sont jetées dès 2007 mais ce n'est qu'à la fin 2008 qu'il se consacre à plein-temps au développement du projet : un spécialiste de la création de sites Internet et du référencement, Them, capable d'élaborer, coder et héberger les pages Web des clients. L'entreprise effectue également le suivi des sites pour assurer un maximum de trafic pertinent.
« J'avais vraiment envie de découvrir la Chine. Sa croissance économique est un avantage pour monter une PME, explique le jeune entrepreneur. Comme j'étais acheteur de sites pour l'ambassade, je connaissais bien les arcanes du marché local. » A la tête d'une équipe multilingue et multiculturelle, Hacène a dû inventer un mode de gestion adapté pour minimiser les clashs et profiter au mieux des synergies possibles. Si les cadres européens supportent mal une structure très hiérarchisée et ont besoin d'indépendance dans les projets, c'est l'inverse pour les Chinois.
« C'est assez agaçant pour un Occidental de demander en permanence des autorisations et des coups de tampons à l'administration. Mais pour les Chinois, c'est très naturel. Ils savent aller directement vers la bonne personne et gérer le relationnel. En interne, on a mis au point un mélange entre une organisation très pyramidale et une façon de fonctionner plus souple, raconte-t-il. Concrètement, on peut prendre des initiatives sans passer par la hiérarchie mais en même temps, si on implique son manager, il prendra ses responsabilités. Au début, c'est un peu déroutant de mélanger les deux possibilités, mais on s'y fait ! »
S'implanter en Chine n'est cependant pas aussi simple car les entraves administratives sont nombreuses. Le plus facile, pour les étrangers, est encore de déclarer la société à Hongkong – où les formalités et la fiscalité sont plus souples – et d'ouvrir un bureau de représentation sur le continent. Il faut aussi gérer les visas de travail avec une législation qui fluctue en permanence au gré des humeurs du gouvernement central.
Mais pour Them, faire travailler ensemble des gens de pays différents est un avantage précieux, une manière de se démarquer de la concurrence locale qui emploie majoritairement des Chinois. « Connaissez-vous les forums les plus visités en Chine, aux Etats-Unis ou en Espagne ? Non ? Nous, oui. Grâce à cette équipe mixte. C'est un avantage fondamental pour le référencement ! » explique Hacène. L'avenir, pour lui, c'est le développement de l'outsourcing pour l'Occident mais aussi l'accompagnement des entreprises désireuses de s'implanter en Chine, qui veulent développer leur vitrine sur la toile locale. « Soyez tel le roseau, ni trop souple ni trop rigide », proposait il y a quelques siècles Confucius. La voie du milieu semble toujours aujourd'hui la meilleure politique de gestion du personnel pour réussir en Chine !
















