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La sémantisation du web est un projet de longue haleine qui ne verra pas le jour avant dix ans. En attendant cette échéance, les Américains Tim O'Reilly et John Battelle ont proposé, lors du dernier Web 2.0 Summit, une appellation intermédiaire : le Web Squared (web2, web au carré), reprise par Fred Cavazza, consultant indépendant. L'idée : regrouper les différentes avancées pour évoquer l'extension du web au-delà des ordinateurs et des individus, vers le monde réel. Le web2 est présenté comme un complément du web 2.0, une étape intermédiaire vers le 3.0.
Plusieurs notions constituent les fondements du web2. Tout d'abord, il exploite les Implied Metadata, les métadonnées implicites. Celles-ci sont générées automatiquement, comme les données Exif des appareils photo numériques ou avec des systèmes autoapprenants tels que les logiciels de reconnaissance faciale (Apple iPhoto, par exemple).
Une autre notion reprise par le web2 est celle d'Information Shadow, l'ensemble des informations associées à un objet, une personne, un lieu ou un événement. C'est le cas des mobile tags et des flashcodes, ces codes-barres qu'il suffit de prendre en photo avec son mobile pour obtenir des ressources complémentaires. Ainsi, on trouve des applications de réalité augmentée, telle que Layar, qui, en situation de mobilité, permet de voir à travers son mobile la rue dans laquelle on se trouve et d'afficher une surcouche d'informations associées (appartements à louer…).
Le web2 reprend également la notion de Real-Time Web, le web temps réel. Twitter, par exemple, permet la diffusion d'informations quasiment en temps réel, générées par les utilisateurs ou par les témoins directs d'un événement.
On retrouve enfin dans le web² la notion de Linked Data que nous avons évoquée dans le volet Le web intelligent prend forme.

Mais toutes ces technologies autour du web 3.0, censées nous faciliter la vie, apportent leur lot de problèmes fondamentaux, à la fois de sécurité, de confidentialité, de gouvernance et surtout d'éthique.
Un des enjeux du web est l'indexation et Google contrôle déjà celle du texte et du son dans les vidéos. La prochaine étape semble être la reconnaissance faciale, chantier stratégique dans le domaine de la sécurité civile et militaire. Pour Olivier Ertzscheid, maître de conférences à l'université de Nantes, « la question qui se pose aujourd'hui est celle du caractère indexable de l'être humain. Celle de savoir si l'Homme est, ou non, un document comme les autres. La question enfin, pour chacun d'entre nous, de se voir doté d'une identité numérique globale et non maîtrisée. [...] Les documents, les mots-clés ont acquis une dimension marchande. Ils se vendent et s'achètent sur la grande place de marché d'Internet, que régule pour une large part le seul moteur Google. Nos traces identitaires numériques seront-elles demain également marchandisables ? ». Avec l'arrivée de capteurs intégrés aux vêtements et bientôt directement au corps humain, l'homme devient un dispositif, un objet qui vient enrichir l'indexation du monde réel en temps réel. Dix milliards d'êtres humains, ce sont dix milliards de documents, d'objets… tous reliés à Google ? C'est en tout cas la vision d'Olivier Ertzscheid.
Dans son ouvrage, 2020, les scénarios du futur, Joël de Rosnay évoque l'internet de demain ainsi que les nanotechnologies, les biotechnologies, les énergies nouvelles. Selon lui, l'internet n'est pas qu'un simple média comparable à l'imprimerie ou à la télévision, c'est un nouveau mode d'organisation de la société, un “ écosystème informationnel ” où des “ pronétaires ” prennent le pouvoir dans des domaines culturels, économiques ou politiques. “ Il y a nécessité de créer une éthique de l'information, l'infoéthique, de réfléchir sur un plan philosophique et moral à ce que l'on fait de l'information des autres (vie privée, traçabilité....). Les politiques, les gouvernants continuent de penser qu'on peut réguler tout ça. Or internet est un système chaotique, darwinien, il n'est pas régulable dans ce sens. Par contre, la corégulation citoyenne est possible ”, explique-t-il.
Pour Jean-Michel Billaut, prospectiviste et auteur de l'article “ La Troisième Révolution d'Homo Sapiens ”, l'internet va jouer le même rôle que celui que l'imprimerie a joué entre la première révolution (agricole) et la deuxième (industrielle). Un troisième bouleversement est déjà bien engagé (nanotechnologies, robots humanoïdes, biologie synthétique, génomique, greentech economy). La différence : l'humanité va se retrouver face à des problèmes d'éthique sans commune mesure. “ Nous aurons probablement des Homo Sapiens “ normaux ”, mais aussi des Homo Sapiens “ augmentés ”, et des robots plus ou moins Sapiens… ”.
De nos jours, grâce à internet, les scientifiques travaillent en collaboration, à très haut débit voire en temps réel et la masse de connaissance s'accroît comme jamais auparavant. Tout ceci contribue à une accélération vertigineuse des technologies que l'humanité devra maîtriser.
L'Entreprise 3.0, comme le web 3.0, n'existe pas encore. Même si des éditeurs de solutions en mal d'inspiration marketing commencent à abuser du terme web 3.0 pour vendre ce qui, pour l'instant, n'est que du vent.
Parmi les nouveaux usages qui peuvent intéresser les entreprises et qui vont au-delà du web 2.0 (ce qui est encore loin d'être assimilé), le web 3D ou les univers virtuels 3D, peuvent apporter une expérience immersive lors de processus d'achat en ligne.
Les Serious Games (ou Casual Games, les jeux sérieux) entrent dans les entreprises, notamment dans des applications de recrutement, de simulation et d'entraînement. Les jeux de marché (Edumarket Games) donnent la possibilité, par exemple, aux étudiants de simuler des enjeux stratégiques, économiques et sociaux.
















