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Alain Moustard : « Préservons une informatique française avant qu’il ne soit trop tard »

Le DSI de Bouygues Telecom s'interroge sur la pertinence du modèle offshore. Pour cet expert de l'univers IT, il faut avant tout chercher à rapprocher les spécialistes en technologies de l'information des métiers.

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Alain Moustard
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DSI et sociétés de services doivent trouver d'importantes sources d'économie, c'est indiscutable. Il existerait, en la matière, un remède miracle, une panacée d'origine anglo-saxonne : le modèle offshore. Sur ce point, la France semble pourtant faire de la résistance.En effet moins de 5 % du marché IT français sont concernés par ce phénomène(*).
Cela serait essentiellement lié aux différences linguistiques et culturelles, vécues chez nous comme des obstacles sérieux. Cependant, d'autres arguments, sans doute plus valables, devraient utilement nourrir la réflexion de nos entreprises : et si la clé de la réduction des coûts résidait au contraire dans une proximité renforcée entre les experts IT et les métiers de l'entreprise ?

Conserver la proximité IT-métiers

Dans l'objectif de maîtriser leurs dépenses, les entreprises qui pratiquent l'externalisation en offshore jouent sur une unique variable, le coût de la main-d'œuvre. Ce faisant, elles oublient de mener une réflexion infiniment plus structurante : un contrôle durable ne passe-t-il pas avant tout par davantage d'agilité, de réactivité, de maîtrise de l'architecture du système d'information (SI), et des processus cœur de métier ?
Le déploiement de méthodes agiles, rendu possible par la proximité des métiers, constitue une source d'économie et d'efficacité avérée. Elles évitent les effets tunnel, propices aux dépenses non contrôlées, en favorisant les échanges directs entre utilisateurs et informaticiens. Elles autorisent par exemple la mise en place de prototypes ou de maquettes, qui aident à découvrir en amont les problèmes de conception, et autorisent leur correction à moindre coût. Elles évitent même, parfois, la rédaction d'un cahier des charges souvent complexe, lorsqu'elle intervient dans le cadre de développements d'activités nouvelles ou peu industrielles.
Ces méthodes agiles sont également propices à l'internalisation de compétences dans des domaines critiques. Ce que l'on gagne d'un côté par un TJM (taux journalier moyen) indien plus compétitif, peut rapidement être perdu si l'on considère les charges liées aux surcoûts intermédiaires nécessaires au pilotage de tels projets.

Privilégier les méthodes agiles et réduire les coûts

L'existence d'un savoir-faire technique en interne limite ces intermédiaires et contribue à optimiser les dépenses globales. On conserve en outre la maîtrise des applications, de l'architecture du SI et des budgets. Les objectifs annoncés par les tenants de l'externalisation laissent aussi entrevoir des réductions de coûts de 30 à 50 % sur une période de trois à cinq ans.
Ces objectifs de performance sont réalisables si l'on tient compte d'autres pratiques, telles que les méthodes agiles, les plateaux projet et l'internalisation de compétences, qui aident à mieux maîtriser les chaînes de valeur et à sortir plus rapidement de la crise.

Garder la maîtrise du système d’information

Mais nous devons aussi nous poser la question à plus long terme. La généralisation de l'offshore ne risque-t-elle pas d'affaiblir, voire de faire disparaître une partie de la profession des informaticiens en France ? Et donc de générer d'autres problèmes plus dommageables : impacts sociaux, perte de la connaissance et de la maîtrise du SI de son entreprise, dépendance d'acteurs étrangers pour la maîtrise applicative, etc. ?
Face au développement de l'offshore, laissons de la place et des emplois à nos ingénieurs informaticiens français. Croire que l'on peut construire une architecture SI agile, choisir un progiciel du marché et piloter de gros contrats fournisseurs sans maîtriser un minimum les métiers de base de l'informatique, est à mon sens erroné.
Ne plus vouloir faire du développement ou de la production par soi-même nous condamne pour le futur. La recherche d'une politique d'équilibre in-off doit nous motiver, car quand nous n'aurons plus d'experts IT en France, il sera trop tard pour réagir. Mais je n'ose imaginer que cela soit possible !
(*) Source Pierre Audouin Consultant.
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Avis sur «Alain Moustard : « Préservons une informatique française avant qu’il ne soit trop tard »»

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"Je"

de EMC ADDICT , posté le 07 octobre 2009 à 11h57
Bonjour,
Le "Je" de l'article, est ce le je la photo (le DSI) ou le je du journaliste qui a signé l'article (Frédéric Simonnel)?
Ca n'est pas clair.
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Les Dsi se reveillent?

de Ingenieur informatique 333 , posté le 07 octobre 2009 à 12h10
Mieux vaut tres tard que jamais.

Oui en outsourcant vous diminuez les connaissances internes. Les developpeur peuvent ensuite integrer un projet concurrent avec la maturite acquise a vous frais , ou creer leur entreprise concurrente. Ca va contre la protection des savoirs faire de l'entprise plus facile a conserver en payant bien ses developpeurs dans son entreprise.

Sinon pour la totalite des oustourcing que j'ai connu, la qualite etait moindre et la reactivite mauvaise.
Quand aux couts evidemment l'heure de travail est plus basee mais il faut plus d'heures ...

Eh oui , les choses sont plus subtiles que ce que les partisants de l'outsourcing IT pretendent.

On en a pour son argent...
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Préservons une informatique locale avant qu'il ne soit trop tard

de Nacyl , posté le 07 octobre 2009 à 12h42
Le débat est même plus large que ça et le titre de cet article aurait pu être "Préservons une informatique locale avant qu'il ne soit trop tard".
Ces dernières années, la "mode" est de confier le fonctionnement des entreprises à des cabinets de conseils (plus ou moins avisés) dont le discoure final est "Concentrez-vous sur votre coeur de métier".
La belle affaire !
Le résultat, et il ne vaut malheureusement pas que pour les département IS, fût d'externaliser tout ce qui pouvait l'être à commencer par les fonctions dites "support" (gestion, comptabilité, SI, RH…).
Au final, on se retrouve avec des entreprises qui dépendaient, avant, principalement de leurs clients et fournisseurs pour vivre mais, maintenant, de leurs prestataires de services pour fonctionner.
On en arrive donc au stade où, pour les département IS, des décisions technologiques critiques sont prises par des gens qui ne font pas partie de l'entreprise.
Certains objecteront certainement que les économies réalisées de cette manière justifient un tel comportement.
Ce serait résumer un peu trop vite la vie d'une entreprise à un fonctionnement purement comptable et financier.
Plus spécifiquement, pour l'informatique, cette dernière à toujours été (et est bien trop souvent encore) considérée comme un centre de coûts.
La réponse apportée est donc de placer les SI sous la tutelle du directeur financier et c'est déjà une erreur.
Demander à un directeur financier s'il comprend les implications technologiques, humaines et sociales d'un changement d'ERP et il y a fort à parier que se dessine au dessus de sa tête un beau point d'interrogation.
Et c'est bien normal !
Chacun son métier.
D'ailleurs, en parlant de métier, il est à noter qu'une autre erreur stratégique est de vouloir faire en sorte que la promotion au sein des entreprises soit principalement transversale.
C'est vrai dans tous les métiers et donc aussi pour l'informatique, l'expérience ça s'acquiert avec le temps !
Ce qui va de conserve avec le temps c'est la mémoire et toute entreprise qui serait tentée de se laisser séduire par le chant des sirènes offshore doit se poser en même temps la question de savoir si elle est prête également à perdre une partie de sa mémoire, car ça, ça ne fait jamais partie du package.
Pourtant, c'est l'une des caractéristiques de l'être humain : apprendre de ses erreurs.
Encore faut-il pour ça pouvoir s'en souvenir !
Un autre point important est la différence culturelle qu'il y a entre une entreprise et son prestataire.
On aura beau y faire, rien ne vaut de partager la même culture pour essayer de se comprendre.
Et c'est encore plus vrai pour les SI qui ne servent pas que de pourvoyeurs en technologies mais bel et bien aussi de traducteurs entre besoins plus ou moins exprimés et réponses technologiques (mais pas uniquement) disponibles.
Si le département SI fait partie intégrante de l'entreprise, il lui devient possible non plus de simplement répondre aux besoins mais aussi de les anticiper.
Encore faut-il pour ça être dans l'entreprise et se déplacer d'un département à un autre pour écouter ce que les uns et les autres ont a dire sur les outils qu'il utilisent ainsi que sur le métier qui est le leur.
Pas facile à réaliser quand les personnes concernées sont en Inde…
Dernière chose à propos de l'offshore et des réductions de coûts qu'il génère.
C'est vrai que d'un point de vue comptable et sur le papier, on pourrait croire qu'il tient ses promesse.
C'est oublier un peu vite l'inertie inhérente à ce mode de fonctionnement qui se traduit par une réactivité plus longue (vérification du respect des règles et procédures c'est entre autre pour cette raison qu'ont été créés les SLAs, répartition des rôles, etc…).
Au final, cette perte n'est jamais comptabilisée pourtant elle alourdi considérablement la facture.
Le dictat des coûts et de la performance fait que l'offshore semble être une bonne idée, au moins, au début.
Depuis, certains ont envisager un moyen pour palier à ses inconvénients : l'inshore…
A quand le retour des SI à la place qui est la leur c'est à dire dans nos entreprises ?
Même au prix de la main d'oeuvre en France, il y a fort à parier que tout le monde s'y retrouve au bout du compte.
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C'est Alain Moustard

de 01netPro , posté le 07 octobre 2009 à 12h55
Nous avons modifié la signature. Désolé pour ce bug.
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