Potagers virtuels et productivité ne font pas bon ménage
01net.
le 07/10/2009 à 17h04
Planète IT
En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Deux heures du matin à Pékin, le réveil de Hou Yen, jeune programmeuse informatique, sonne. La jeune fille se dirige rapidement vers son ordinateur et commence à tapoter sur le clavier. Elle n'est pas en train de finir un projet en retard mais s'affaire à voler des légumes dans le potager virtuel d'un de ses collègues de travail ! Elle en profitera pour déplacer sa voiture virtuelle afin d'éviter une amende et faire une caresse à xiaoxiao, son chien tout aussi virtuel.
Comme des millions de chinois, Hou Yen est devenue une adepte invétérée des jeux en ligne, de la plate-forme communautaire kaixin001.com. Une cybertoxicomanie qui touche particulièrement les informaticiens habitués à rester de longues heures devant les écrans.
« Il m'arrive régulièrement de raccourcir ma pause déjeuner pour m'occuper des mes différents jeux. C'est un bon moment pour embêter ses amis et récolter des points, explique la jeune fille en riant, mais je ne pense pas que cela nuise à la qualité de mon travail », assure-t-elle.
Ce n'est pas l'avis de Wang Feng, manager dans une agence de webdesign pékinoise. Selon lui, cet engouement peut devenir gênant dans le travail, car il parasite les interactions dans la vie réelle. « Si trop d'employés restent devant leur ordinateur pour jouer pendant les pauses ou à midi, ce n'est pas bon pour l'équipe en général. Ils ne sortent plus s'aérer la tête, n'échangent plus directement avec les autres. Autant d'éléments qui n'aident pas à rester efficace », affirme-t-il.
Après une réunion sur ce problème avec l'ensemble de l'équipe, tout le monde s'est mis d'accord pour tenter de limiter les jeux au bureau, à une heure ou deux par jour. Mais la mise en pratique reste difficile. « C'est tellement prenant que l'on ne se rend pas compte du temps que l'on passe à jouer », confirme Hou Yen, le visage marqué par des cernes naissants.
Qu'ils soient nuisibles ou pas au travail en entreprise, ces jeux auront de toute façon permis à Kaixin00, créé en mars 2008, de devenir le réseau social se développant le plus rapidement en Chine. Je dois d'ailleurs vous laisser maintenant, c'est l'heure pour moi d'aller arroser mes carottes...