Retards en cascade pour le projet pilote de modernisation de l’administration indienne
01net.
le 12/10/2009 à 09h00
Planète IT
En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Dur, dur, de moderniser l'administration indienne. Le gouvernement compte énormément sur les technologies de l'information pour transformer radicalement une bureaucratie célèbre pour son archaïsme et son inefficacité.
Un projet colossal en ce sens vient d'ailleurs d'être confié à Nandan Nilekani, cofondateur d'Infosys, chargé de donner à tous les Indiens une identité électronique unique, censée s'appliquer à tous les processus administratifs. Mais Nil Nilekani peut trouver matière à réflexion quant aux difficultés qu'il va devoir affronter, en regardant la mise en œuvre d'un programme d'envergure nettement plus modéré, celui de la modernisation de la chaîne de fabrication et de délivrance des passeports.
Il y a un an de cela, le gouvernement a choisi Tata Consultancy Services, leader des SSII indiennes, pour piloter ce projet. Objectif : se débarrasser d'un système antédiluvien, basé sur le papier, qui se traduit pour les Indiens par des semaines d'attente, des erreurs, etc... La mission de TCS est claire : tout le processus doit être numérisé, en incluant la commande des passeports en ligne, leur délivrance effective en trois jours, et même en vingt-quatre heures dans certains cas. Un programme au budget évalué à un milliard de roupies (14 millions d'euros).
Mais l'opération se heurte depuis à d'innombrables problèmes. L'élaboration du cahier des charges s'est révélée beaucoup plus longue et complexe que prévu ; il est apparu que le système ne pouvait démarrer, même au stade expérimental, sans un centre de sauvegarde, dont l'installation est déjà assez longue ; la coordination du projet avec les diverses agences gouvernementales impliquées s'est révélée délicate, etc...
Bref, alors que deux centres pilotes devaient ouvrir à Chandigarh et Bangalore en juin dernier, il n'en a rien été. Et TCS a dû annoncer « espérer » pouvoir ouvrir les premiers centres cet automne. Il ne reste plus aux voyageurs indiens qu'à prier les innombrables dieux du panthéon hindou que le projet démarre. Car réussir la modernisation de l'administration indienne serait incontestablement faire sauter l'un des verrous du développement du pays.