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Le marché des fusions-acquisitions frémit à nouveau en cet automne 2009. La perspective d'une reprise des investissements en 2010 ravive les intentions des acheteurs potentiels dans le secteur du logiciel et des services informatiques. On assiste ainsi à un phénomène classique, déjà observé lors des crises précédentes : à l'orée de la reprise ou en fin de cycle baissier, les accords entre vendeurs et acheteurs, jusque-là impossibles, se trouvent facilités.
Explication : « Les acheteurs proposent un prix qui colle à la valorisation boursière (même si la société n'est pas cotée – NDLR), soit actuellement cinq à six fois le résultat d'exploitation. Or, en période de crise, ce prix est à son plus bas historique. Les vendeurs ne veulent donc pas céder leur société à ce prix-là, à moins d'y être contraint pour cause de défaillance », analyse David Salibi, directeur associé de Financière Cambon, un cabinet de conseil spécialisé dans les fusions-acquisitions de sociétés de taille moyenne. Par contre, à l'amorce de la reprise, la valorisation à la hausse de sa société – de 10 à 15 % selon le consultant – motive alors le vendeur à la céder.
D'autre part, un certain nombre de PME du secteur, fragilisées par la crise, sont à la recherche d'un repreneur. Ce qui devrait favoriser les mouvements au moment de la reprise. Pourtant, ce facteur risque de peser moins fortement qu'à l'accoutumée. Bien que réelle, la hausse des défaillances constatée est sans commune mesure avec l'hécatombe observée lors de la crise de 2001-2003. « Avant la mauvaise conjoncture, les SSII ont moins eu recours à l'endettement pour réaliser des acquisitions », relève David Salabi. De fait, les bilans financiers des sociétés de services et des éditeurs sont globalement plus sains.
A ce jour, le bilan de l'année 2009 sur le front des fusions-acquisitions est pour le moins paradoxal. Selon Pierre-Yves Dargaud, après un arrêt complet des opérations lors des quatre derniers mois de 2008, les mouvements ont repris au début de l'année. « Le nombre d'opérations au premier semestre est sensiblement le même que lors de la même période en 2008, pourtant euphorique », observe le président d'AP Management, autre cabinet de conseil spécialisé dans les fusions-acquisitions du secteur.
Le cabinet a comptabilisé une centaine de changements de propriétaire chez les éditeurs et SSII sur l'ensemble de l'année dernière. En revanche, la taille des transactions est très réduite. « C'est la grande nouveauté de 2009 : on n'observe que de très petites opérations, nettement au-dessous de 10 millions d'euros. C'est révélateur de la période de crise que nous traversons », poursuit Pierre-Yves Dargaud. Côté SSII, il s'agit souvent d'opérations tactiques de quelques millions d'euros pour capter de nouveaux clients.
Conclusion : si les opérations d'envergure manquent à l'appel, on assiste à un florilège de petits rachats. Du coup, le volume des transactions sera beaucoup plus faible cette année qu'en 2008 (1 364 milliards d'euros). « On battra un record en termes de faiblesse du volume d'affaires cédées », précise Pierre-Yves Dargaud.
A moins qu'un gros rachat d'ici la fin de l'année ne vienne bouleverser les statistiques. Des grands acteurs des services informatiques sont en effet sur les rangs. La SSII Sopra Group recherche ainsi une acquisition d'envergure en Europe (de 400 à 500 millions d'euros de chiffre d'affaires). GFI, lui, veut réaliser à moyen terme une acquisition de 100 à 300 millions d'euros pour atteindre une taille critique dans l'Hexagone. Enfin, selon l'agence Reuters, Bull envisage de petites acquisitions ciblées ou des rachats d'entreprises ayant un chiffre d'affaires supérieur à 100 millions d'euros.
















