Quel bilan après un an de crise dans la Silicon Valley ?
01net.
le 14/10/2009 à 16h46
Planète IT
En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Les douze derniers mois ont été riches en événements : j'ai survécu à plusieurs vagues de licenciements, vu plusieurs de mes collègues se retrouver soudainement sans emploi, d'autres essayer de lancer leur propre start-up. Ici, le climat reste lourd dans les entreprises. On travaille frénétiquement afin de ne pas faire partie de la prochaine charrette des licenciés. Et même quand le travail s'accumule, personne ne se plaint, trop content d'être toujours en poste.
Parmi mes collègues licenciés, l'une est revenue dans mon entreprise, mais cette fois en tant que contractuelle : pas d'embauche définitive en vue, mais c'est mieux que rien. Une autre, licenciée en avril, a passé plusieurs entretiens, mais sans succès... En octobre 2008, le taux de chômeurs dans la Silicon Valley était de 6,9 % ; un an plus tard, il avoisine les 12 %. Et le nombre de faillites personnelles a augmenté de 50 %. D'après les derniers rapports d'économistes, il faudra attendre 2012 pour retrouver les 7,2 millions d'emplois perdus aux Etats-Unis dans l'année qui vient de s'écouler.
Un des ingénieurs avec lequel je travaillais depuis près de trois ans a décidé de renoncer au confort relatif du travail dans une grande entreprise pour se lancer dans l'entreprenariat, en créant sa propre société. Il ne compte plus ses heures et espère bien sûr réussir. Avec des investisseurs à juste titre frileux en raison de la crise, il n'est vraiment pas évident de s'en sortir, même avec une idée de génie. Spectros, une start-up spécialisée dans les biotechnologies, a joué la carte de la sécurité, en s'assurant trois ans de fonds d'avance, en espérant que la crise ne sera qu'un mauvais moment à passer. Le San José Mercury News relatait récemment l'histoire d'un ingénieur spécialisé dans les semi-conducteurs, qui après son licenciement en mars dernier, a complètement changé d'orientation professionnelle en achetant une franchise de soins a domicile. Il se félicite de pouvoir désormais employer deux personnes.
On est donc encore loin de sortir le champagne, avec un bilan en demi-teinte. Depuis des mois, les rues des petites villes de la Silicon Valley, jusqu'aux grandes artères de San Francisco, alignent des locaux commerciaux désespérément vides, de même que de nombreux immeubles de bureaux qui donnent au centre mondial de la technologie des allures de ville fantôme.