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La haute autorité des noms de domaine, l'Icann, veille à ce que les bureaux d'enregistrement (registrar) maintiennent une base de données whois (littéralement Qui est ?) fiable. Elle doit permettre de retrouver les renseignements rattachés au détenteur du nom de domaine telsque son nom ou son adresse.
Une étude de l'Icann menée en mars 2009 sur plus de 2 000 noms de domaine enregistrés dans les extensions génériques .com, .net, .org, .info, .biz a démontré que jusqu'à 25 % des whois sont anonymes. Deux explications à cette situation.
Le client final cherche à dissimuler ses données et paye une option whois privé. Il peut souhaiter ne pas inscrire son adresse électronique dans une base de données à disposition des spammeurs du monde entier. Il peut aussi préférer rester anonyme pour des activités moins honorables comme le cyber-squatting.
L'autre cause des whois anonymes réside dans l'explosion de services proxy. Il s'agit de prête-noms où une entité est titulaire d'un nom de domaine dont il confie l'utilisation à un tiers. Certains bureaux d'enregistrement l'incluent même par défaut dans leur processus de réservation de noms de domaine ! Bref, la situation n'est pas satisfaisante. Mais où est la vérité ?
La protection des données personnelles fait partie des fondamentaux de notre société. Le whois anonyme permet de respecter ce principe de base. Mais quand ce fondement sert à de multiples pratiques peu recommandables, nous touchons rapidement du doigt les limites du système. Les détracteurs du whois anonyme soulignent souvent que l'enregistrement d'une marque ne peut pas se faire incognito. Pourquoi le pendant virtuel de la marque (le nom de domaine) ne fonctionne pas ainsi ? Surtout que l'Icann l'exige !
Le juste milieu est peut-être chez notre bon vieux .fr. Souvent décrié (par moi en premier), le whois anonyme d'un .fr déposé par un particulier peut être levé par l'Association française pour le nommage Internet en coopération (Afnic) en cas d'enregistrement litigieux manifeste. Ce n'est sûrement pas le rôle principal du registre mais cela permet au moins de savoir rapidement qui se cache derrière un dépôt frauduleux.
Si le titulaire n'existe pas réellement, l'Afnic peut également supprimer le nom de domaine. En effet, rien n'est plus facile qu'enregistrer un nom de domaine, surtout dans les extensions génériques, avec de fausses coordonnées (seule la Carte Bleue, volée ou non, doit passer). L'Icann ne s'amuse pas à vérifier à chaque fois l'existence réelle des propriétaires des noms de domaine.
Mais un whois avec les coordonnées suivantes, par exemple, est plus qu'interlope :
Bart Simpson
17 Wisteria Lane
Disneyland Paris

Au sein du bureau d'enregistrement Mailclub, Jean-François Poussard conseille les gestionnaires de noms de domaine des plus grandes sociétés françaises dans leur stratégie mondiale de nommage. Spécialiste du marché des noms de domaine, il maîtrise l'ensemble des enjeux transversaux : le marketing, la communication, le juridique, le technique et l'administratif. Depuis 2004, il est également le rédacteur en chef de Mailclub.info, site d'information de référence sur les noms de domaine.
















