Grenelle des antennes : qui va payer ?
Une étude prospective réalisée par Sia Conseil révèle que les opérateurs mobiles pourraient avoir à investir plusieurs milliards d’euros pour revoir leurs réseaux et les rendre conformes aux exigences sanitaires.
01net.
le 15/10/2009 à 18h12
Selon le cabinet Sia Conseil, les opérateurs de téléphonie mobile devraient débourser entres 3,6 et 7 milliards d'euros pour rendre leurs réseaux compatibles avec les objectifs sanitaires définis par le Grenelle des antennes. Cette fourchette a été calculée en estimant que le rayonnement électromagnétique de celles-ci passait à 0,6V/m, dans la rue (scénario 1) ou au niveau de l'antenne (scénario 2), rapporte un résumé de l'étude.
Si cette hypothèse était retenue, les coûts opérationnels et de maintenance des opérateurs devraient également augmenter de 800 millions d'euros, dans le cas du scénario 1 et de 1,6 milliard d'euros dans le second scénario. Surtout, les opérateurs répercuteraient ces investissements sur leurs clients. Au final, toujours selon l'étude, la facture du consommateur final devrait grimper de 9 à 17 % ! Bénéficier d'un service mobile correct et rester en bonne santé (même si aucun résultat n'a encore prouvé l'effet néfaste sur l'être humain des ondes émises par les antennes relais), ça se paye !
Une qualité de service dégradée
Du côté des services rendus, le ton de la seconde partie de l'étude est alarmiste : « Dégradation nette de la qualité du service rendu (voix et données), disparition de certains usages en mobilité (à domicile ou au bureau), accroissement des zones blanches et de la fracture numérique. » Si un abaissement du rayonnement électromagnétique était effectivement imposé aux opérateurs, n'existerait-il pas de technologie permettant de respecter cette contrainte tout en maintenant une qualité de service équivalente, voire meilleure que celle vendue aujourd'hui ?
Enfin, l'étude soulève la question de l'injonction paradoxale selon laquelle les opérateurs doivent combler les zones non couvertes d'un côté, et démonter des antennes de l'autre. De plus, elle indique que le plan de développement numérique France 2012 est incompatible avec une baisse de puissance des antennes.
Une communication qui passe mal
Interrogés sur la question, les opérateurs mobiles nous ont renvoyé vers l'Afom (Association française des opérateurs mobiles). Joint par téléphone, Eric de Branche, directeur de la communication de cette association, indique : « Cette étude n'engage que son auteur ! » Contacté, ce dernier n'était pas disponible pour nous répondre.