E-commerce en Chine, un nouvel eldorado ?
01net.
le 16/10/2009 à 15h51
Planète IT
En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Avec ses 338 millions d'internautes et une croissance ininterrompue sur la Toile, la Chine peut sembler un véritable paradis pour l'e-commerce. De fait, quelque 88 millions de Chinois ont fait des achats en ligne en 2008, dont 80 millions à travers la plate-forme du géant local, taobao.com. Pourtant les entreprises étrangères peinent à pénétrer le marché chinois, à l'image d'eBay qui n'a jamais su percer face à taobao dans l'empire du Milieu malgré des investissements conséquents. « Tout le monde parle d'e-commerce en Chine mais en vérité on se sent un peu seul sur ce créneau », confirme Nicolas Berbigier, un des fondateurs de Xanadu, spécialiste du séjour touristique en ligne en Chine.
Cet ancien élève de Polytechnique a acquis l'expérience de l'e-commerce en France, dans le secteur du voyage, avec karavel.com en 2000. Suite au rachat de l'entreprise, il décide de venir tenter sa chance en Chine et monte la structure avec une partenaire chinoise et un ancien camarade de l'X, Serge Pierrard, qui assume le poste de directeur technique. « On a choisi la Chine non pas pour la taille du marché mais parce que la situation actuelle nous semble favorable. Ici, le marché du voyage reste fragmenté malgré une très forte croissance. Les structures sont petites, peu informatisées et manquent de compétences techniques. Nous avons donc une carte à jouer grâce à nos différentes expériences en Occident », explique le jeune patron français. Il propose donc à des entreprises chinoises de monter des sites personnalisés de vente de voyage qui renvoient en fait vers sa plate-forme d'achat. Un deal attractif pour les clients qui ne s'occupent de rien et ne déboursent pas un centime : Xanadu se rémunère sur les ventes générées en partageant les marges.
Une structure Web très différente
Si le concept est porteur, reste à s'adapter à la fois au travail en Chine et à un Internet assez différent de l'Europe ou des Etats-Unis. Manque d'autonomie et de responsabilité, difficulté à dénicher les compétences, turnover important... travailler avec des équipes chinoises n'est pas toujours évident. « Quand je leur demande un avis, ils me répondent parfois que la démocratie ne marche pas en entreprise, que je suis le chef et que je dois décider », s'amuse Nicolas, en reconnaissant que cela peut freiner le développement de l'entreprise. « C'est également très compliqué d'effectuer un suivi fiable des connexions sur la Toile chinoise, car tout le monde magouille pour gonfler les statistiques. D'autre part la structure même du Web est différente. On peut être bloqué sans raison à tout moment et il faut toujours avoir un plan B, des redondances qui seraient inutiles en Europe », confirme Serge, le directeur technique.
Si chacun s'attend à une explosion de l'e-commerce dans l'empire du Milieu, personne ne sait quand elle se produira. Une chose est sûre, cependant : être présent et bien implanté localement représentera un avantage certain au moment de rafler la mise.