Des fourmis pour protéger le réseau
L’université américaine de Wake Forest s'inspire des fourmis et de leur organisation décentralisée pour améliorer la sécurité des réseaux informatiques.
01net.
le 20/10/2009 à 14h50
Des fourmis pour chasser des vers. L'université Wake Forest, en Caroline du Nord, a remis au goût du jour l'utilisation de la Swarm Intelligence, une science qui consiste à s'inspirer de l'organisation décentralisée des fourmis pour résoudre des problématiques d'intelligence artificielle. Le professeur Erring Fulp et ses deux élèves, Brian Williams et Wes Featherstun, l'ont appliquée, cette fois, à la détection d'intrusion, ce qui pourrait peut-être révolutionner l'antivirus de demain.
Trois mille petits bouts de codes (les fourmis) ont ainsi été lachés sur un réseau informatique de 64 ordinateurs. Chaque « fourmi » est affectée au repérage d'une activité suspecte précise, au sein des différentes ressources du système. Dans le cas où elle détecterait, par exemple, une consommation CPU anormalement élevée, elle devra déposer une trace (la phéromone de la fourmi) sur ladite ressource. Ce qui aura deux conséquences : la première, d'attirer les autres fourmis (on parle de rétroaction positive) qui viendront à leur tour effectuer leur vérification. La seconde, d'avertir la sentinelle, seul composant logiciel installé sur les postes clients, chargée de remonter les activités malveillantes détectées sur le réseau vers les administrateurs.
Une meilleure répartition de la charge CPU
L'intérêt d'une telle technologie est d'obtenir une meilleure répartition de la charge CPU au sein de l'analyse antivirale. Les postes clients n'ont plus à supporter la lourdeur d'un antivirus spécifique et statique. Ce dernier cède la place à un fourmillement mobile et préventif. Selon le professeur Erring Fulp, cette technique serait particulièrement adaptée aux grands réseaux, tels ceux des organisations gouvernementales, des grandes entreprises ou des universités.
Les algorithmes fourmis – on appelle ainsi les méthodes de calcul inspirées de la Swarm Intelligence – ont vu le jour dans les laboratoires de Gerardo Beni et Jing Wang en 1989, à l'université de Californie, au sein d'un projet de systèmes robotiques cellulaires. Depuis, la Swarm Intelligence a été déclinée pour des usages divers et variés tels que la peinture, la corrélation sémantique, ou encore le cinéma (par exemple, l'animation des batailles dans le film Le Seigneur des anneaux). Glenn Fink a été le premier à avoir appréhendé la sécurité en réseau avec cette méthode.