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En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Huawei, un des géants du secteur des télécoms, vient de lancer une campagne d'embauches en Chine et offre un peu moins d'une centaine de postes, locaux et dans le monde entier – les postes concernés à l'étranger sont orientés marketing et management. Signe que l'époque est bien à la conquête de nouveaux marchés et au développement international pour le mastodonte chinois qui a d'ailleurs ouvert en septembre un centre de recherche fondamentale en France.
Si auparavant, travailler pour une entreprise étrangère en Chine était la panacée ultime pour les ingénieurs télécoms de l'empire du Milieu, les choses ont changé aujourd'hui. Li He, spécialiste du développement 3G, travaille depuis plusieurs années pour une filiale chinoise d'un grand groupe international basée à Shanghai. Pourtant il est alléché par les offres de Huawei et a déjà postulé plusieurs postes correspondant plus ou moins à son profil. Pour lui, il ne s'agit pas vraiment d'obtenir un salaire plus élevé mais plutôt de retrouver un management à la chinoise qui, pense-t-il, lui correspondra mieux.
« Il y a encore quelques années, je n'aurais jamais envisagé de travailler pour une entreprise chinoise. Les salaires étaient trop bas et les perspectives d'évolutionréduites. Avec mon expérience de travail dans un grand groupe international, je m'aperçois que je ne suis pas toujours à l'aise avec ma hiérarchie étrangère, et je me dis que je serais peut être plus en phase dans une compagnie comme Huawei », explique cet ingénieur trentenaire. Il sait qu'il risque de se voir proposer un salaire au mieux égal à celui qu'il touche actuellement et de perdre certains avantages comme une couverture sociale relativement généreuse pour le pays. Mais Li He supporte de plus en plus mal les conflits culturels avec ses managers étrangers qu'il qualifie d'arrogants.
Il estime aussi qu'il sera moins stressé dans un groupe chinois, même si les entreprises locales ne sont vraiment pas connues pour traiter leurs employés avec tendresse. « Des choses simples pour un Chinois deviennent des sources de conflit dans des équipes mixtes. On perd du temps à faire des mises au point interminables sur le management. Je pense que je serais plus performant chez Huawei, mais il y a vraiment beaucoup de concurrence pour ces postes », conclut le spécialiste télécoms un brin anxieux. Décidément, le vent tourne rapidement dans la communauté IT chinoise !
















