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Atos Origin : les syndicats unis contre le déménagement à Bezons

L’intersyndicale du groupe a lancé hier une pétition pour s’opposer au regroupement des 4 500 salariés franciliens sur le site du Val-d’Oise. En cause : l’allongement du temps de travail, le stress lié au « desk sharing », ou le développement du télétravail à marche forcée.
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Un cadre exceptionnel en bord de Seine, des bureaux spacieux répondant aux normes de haute qualité environnementale (HQE)... Sur le prospectus, le programme immobilier River Ouest a tout pour plaire (voir la vidéo ci-dessous). Au cours du 1er semestre 2010, les 4 500 salariés franciliens d'Atos Origin pourront – si tout se passe comme le souhaite la direction – le vérifier de visu. Ils quitteront leurs sites respectifs (Paris Haussmann, La Défense, Nanterre, Clamart..., sept en tout) pour converger vers Bezons. La direction de la SSII a dû se rabattre, cet été, sur cette charmante bourgade du Val-d'Oise de 26 000 habitants, après s'être fait souffler l'immeuble Evergreen de Montrouge (92) par le Crédit Agricole.

Un choix par défaut que n'approuvent pas les syndicats constitués en intersyndicale (CFDT, CGT, CFE CGC, CFTC). Depuis hier, ils font circuler une pétition pour s'opposer au déménagement à Bezons. Principal grief : les transports. Le site n'est pas desservi par le métro ou le RER, mais uniquement par le bus. Quant au tramway T2, annoncé dans deux ans, il n'arrangerait pas la situation. Selon une étude réalisée par EMS (Entreprises et Mobilité Services, filiale de la RATP) sur la populaion des salarié d'Atos, le temps de transport supplémentaire s'élèverait, aller-retour, à vingt-deux minutes par jour. Une moyenne que dépasseraient allègrement 577 employés particulièrement éloignés du nouveau site. Ce qui pourrait inciter au départ. « Cela ne semble pas poser de problème à la direction de perdre des gens en route », soupçonne Marie-Christine Lebert, coordinatrice syndicale groupe CFDT.

800 places manqueraient à l’appel

Selon les informations officieuses recueillies par l'intersyndicale, il manquerait d'ailleurs 800 places physiques à Bezons. Qu'importe, la direction aurait évoqué la piste du « desk sharing », un concept de bureaux partagés qu'ont déjà expérimenté leurs confrères d'IBM de la tour Descartes. « Un environnement de travail particulièrement mal venu dans le débat actuel sur le stress quand on sait les impacts sociaux de ce type d'organisation. » Pour économiser des mètres carrés, les négociations engagées sur le télétravail auraient également connu un coup d'accélérateur. « A qui va-t-on demander de télétravailler ?, s'interroge Marie-Christine Lebert. En cas de refus, la situation du salarié pourrait être fragilisée. »

Pour contre-attaquer, les syndicats ont commandité leur propre expertise mobilière. Ce qui leur a permis de présenter des sites alternatifs, notamment à Paris intra-muros (Bercy), répondant à la fois aux critères de la direction et aux enjeux sociaux. L'intersyndical était, par ailleurs, favorable non pas à une implantation unique – facteur de stress mais aussi de risque en cas de pandémie –, mais à un transfert sur deux grands sites. Pour la suite des événements, notre syndicaliste n'est guère optimiste. « L'opération Bezons fait partie prenante du plan de transformation TOP (Total Operationnal Performance – NDR) qui permettra d'élever le niveau de marge opérationnelle. En cela, il nous sera très difficile de convaincre la direction et les actionnaires. »


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