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Je l'évoque souvent dans ces colonnes : le nom de domaine est pluridisciplinaire. Conséquence, la réalisation de ses prévisions de dépenses se ballade entre le département juridique, informatique, communication de la société... de façon assez logique. Pourquoi l'informatique devrait payer la récupération de noms de domaine litigieux ? Pour quelles raisons le juridique devrait régler la facture des veilles concurrentielles (lire ma chronique à ce sujet) ?
Alors tentons d'imaginer un monde idéal : une société X, ayant trois marques distribuées dans cinq pays et un vrai budget noms de domaine...
Dans notre exemple, la charge la plus connue est celle de la réservation ou le renouvellement de noms de domaine. Vous ne pouvez pas échapper au .com, ni au .net. Rajoutez à cela les cinq extensions pays où notre société X est installée, et cela nous donne au minimum 7 noms par marque, soit 21 noms de domaine. Comptez de 10 à 50 euros par nom de domaine selon le prestataire et les services associés. Arrondissons à 25 euros par nom de domaine. Cela garantit un minimum de support et de qualité de service et nous fait un total de 525 euros par an.
Cette stratégie minimaliste n'est pas la plus efficiente. Je vous conseille des dépôts préventifs dans les pays où vous souhaitez aller à moyen terme et quelques fautes typographiques. Si vous optez pour cette stratégie offensive de dépôts, les chiffres montent rapidement mais vos autres dépenses noms de domaine réduiront. Je vous conseille de quadrupler le budget de dépôt minimal pour être le moins embêté possible.
Une stratégie offensive de dépôts vous évitera peut-être des dépenses importantes pour des récupérations juridiques de noms litigieux auprès de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Une procédure coûte 1 500 dollars, somme souvent doublée par le cabinet juridique qui défend votre dossier. Ce que vous dépensez en gestion, vous l'économisez en récupération. Prévoyons tout de même au moins une récupération dans l'année.
Forcément, pour détecter les noms potentiellement litigieux, il faut avoir mis en place une surveillance dédiée. Cela coûte autour de 1 000 euros par an et par marque. Si vous souhaitez également surveiller les agissements en matière de noms de domaine de vos concurrents, envisagez autour de 2 000 euros par rival.
Le plus aléatoire. Votre société lance un nouveau concept mais le nom est déjà pris. Vous voulez vous accaparer le nom descriptif de votre activité mais un investisseur l'a déjà bloqué. Une seule solution, le rachat auprès du titulaire. Quasiment jamais en dessous 1 000 euros, comptez une moyenne de 2 500 euros par domaine, mais les noms de domaine premium s'échangent pour des sommes à cinq (78 000 euros pour mutuelle.fr), six (500 000 euros pour talk.com), voir sept chiffres (5 millions de dollars pour toys.com) ! Je vous conseille donc de constituer une petite cagnotte !
C'est la grosse actualité. Si les nouveaux dépôts ne seront sûrement pas tous possibles en 2010, l'arrivée de 500 nouvelles extensions se prépare comme les précédents .eu, .asia ou .tel. Les réservations en période prioritaire sont souvent plus chères (autour de 200 euros). La facture pourrait vite monter si vous réservez votre marque dans l'ensemble des nouvelles extensions. Vous ne pourrez pas tout faire (le .pdx de Portland vous intéresse t-il vraiment ?) mais vous ne pourrez peut-être pas échapper au .paris, .blog... Petit conseil, prévoyez au moins autant de dépenses dans les nouvelles extensions que ce que vous déboursez habituellement pour votre poste de réservation.
En revanche, si vous souhaitez créer votre propre extension (CorpTLD), sortez la grosse artillerie. Les budgets se chiffrent à plusieurs centaines de milliers d'euros. On est loin du dépôt classique d'un .COM !
Sans CorpTLD, notre société X, détentrice de trois marques distribuées dans cinq pays, doit prévoir un budget noms de domaine de 16 700 euros. Il est temps d'aller négocier ce montant auprès de votre direction !

Au sein du bureau d'enregistrement Mailclub, Jean-François Poussard conseille les gestionnaires de noms de domaine des plus grandes sociétés françaises dans leur stratégie mondiale de nommage. Spécialiste du marché des noms de domaine, il maîtrise l'ensemble des enjeux transversaux : le marketing, la communication, le juridique, le technique et l'administratif. Depuis 2004, il est également le rédacteur en chef de Mailclub.info, site d'information de référence sur les noms de domaine.
















