“ Cloud computing : paroles, paroles, toujours des paroles… ”
01 Informatique
le 08/10/2009 à 00h00
“ Cette prétendue interopérabilité n'est qu'une vaste fumisterie ”
Jonathan Charton, rédacteur à 01 Informatique
Du vent, du vent, du vent… il en faut pour pousser le nuage ! Et c'est somme toute ce que nous propose depuis quelques mois la tripotée d'éditeurs surfant sur la vague de l'interopérabilité des plates-formes cloud. Ils ne font qu'obscurcir un terrain déjà très brumeux. Et n'ajoutent, à mon sens, que le sentiment que cette prétendue interopérabilité n'est qu'une vaste fumisterie. En témoignent leur nombre et leurs promesses toujours plus grandes. Alors donnons des noms : d'abord Zend et son Simple Cloud, puis Citrix et sa Xen Cloud Platform. Voici deux larrons qui manient à merveille l'art de proposer du vent. Rien. Nada. Niente ! Il suffit en effet de se rendre sur le site des dits projets, pour se rendre compte que ces fameuses API devant servir à rendre interopérables les différents services cloud, ne sont encore qu'à l'état embryonnaire, ou purement inexistantes. Pour la simple raison que le temps est à la surenchère et que ces éditeurs jugent bon d'occuper un terrain qui leur est manifestement inconnu. Sinon pourquoi se vanteraient-ils de détenir la solution d'interopérabilité sans avoir développé quoi que ce soit, hormis trois miséreux bouts de code ? Et lorsque des solutions sont presque au point, tel le Deltacloud de Red Hat, c'est sans partenariat aucun avec les fournisseurs de cloud. Autrement dit, sans aucune garantie de pérennité : Deltacloud pourrait dysfonctionner à la première mise à jour d'Azure, d'Amazon, de Google Apps ou de Salesforce. Car il ne faut pas s'y tromper. Si les éditeurs veulent parvenir à une solution dans le domaine, ils doivent obtenir un consensus sur la question. Il existe d'ailleurs des organismes dédiés à cette problématique. Le DMTF, l'organisation de standardisation de l'informatique, par exemple, avec lequel il serait sans doute bon de définir une véritable solution. Et cesser de nous “ promener ” avec des standards qui n'en sont pas. Raymond Queneau définissait le consensus universel comme “ l'accord des on ”. Pensez-y et cessez de nous faire rêver sur de faux airs d'accordéon.
j.charton@01informatique.fr