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Annoncé en octobre 2008 dans la ville éponyme, le projet Nice (Nouvelle informatique commune évolutive) vise à doter les caisses régionales – regroupées au sein de la FNCA (Fédération nationale du Crédit Agricole) – d'un système d'information unique pour 2014 contre cinq actuellement, en permettant le développement de nouveaux services innovants.
A quelques jours de son entrevue avec la direction du Crédit Agricole, prévue pour le 30 octobre, et de la validation par les directeurs des 39 caisses régionales de la banque, de l'étude de faisabilité du projet Nice, qui sera remise le 6 novembre, l'intersyndicale de la banque a exprimé à 01net son inquiétude sur les conséquences sociales du chantier. Celle-ci exige notamment « le maintien de tous les emplois en informatique sauf départs à la retraite d'ici à 2014 ». Et « un accompagnement négocié et de qualité » pour ceux qui feront l'objet d'une reconversion professionnelle ; le projet ne devant entraîner « ni départ contraint ni mobilité géographique imposée ».
Arlette Carrié-Tisne, l'une des portes-paroles de l'intersyndicale du Crédit Agricole qui représente huit organisations syndicales (CFDT, CFTC, CGT, FO, Sneca, Sniacam, Sud, Unsa) déplore un manque d'information autour de la problématique de l'emploi : « Depuis avril dernier, date du lancement officiel du chantier, le sort des informaticiens n'a jamais été abordé avec précision.» Elle dénonce également « le pilotage du projet par une seule logique de réduction des coûts – de l'ordre de 40 % – alors que la banque démontre sa solidité financière en annonçant aujourd'hui qu'elle rembourse les 3 milliards d'euros d'aides accordées par l'Etat ». Pour la syndicaliste, « le projet ne permettra pas de conserver une informatique de qualité. En effet, il s'agit de passer de 240 000 jours/homme à 100 000, debbuging compris. Nous craignons surtout la perte de la dimension locale du Crédit Agricole sur l'ensemble du territoire, avec la fermeture de 45 sites sur un total de 64, et la suppression en maîtrise d'œuvre de plus d'un millier de postes d'informaticiens en interne, sur un total de 2 500. De leur côté, les profils MOA (maîtrise d'ouvrage) tomberaient de 1 200 à moins de 350 ». Rappelons que le système d'information unique implique à terme la fusion des cinq GIE (groupement d'intérêt économique) actuels – Atlantica, AMT, Comete, Exa et Synergie – qui géraient jusqu'à présent cinq systèmes d'information différents.
Côté direction, on se veut rassurant. Bertrand Schaefer, responsable des relations avec la presse à la FNCA rappelle les garanties contenues dans le communiqué du 24 avril publié à l'occasion du lancement du projet : « Dans ce projet, les conseils d'administration et les directions générales se montreront très attentifs au maintien des emplois et des qualifications dans un cadre de solidarité entre les Caisses régionales. »
En outre, du côté de la direction du projet Nice, on ne veut pas entendre parler de suppression de postes. « Les caisses régionales n'envisagent pas de suppression d'emploi. Au contraire, elles recrutent environ 5 000 personnes par an », tient à préciser Hichem Jaballah, actuel directeur du projet et vraisemblablement futur directeur du GIE unique qui demeurera. Il considère par ailleurs qu'il est « inexact de parler de fermeture de sites ».
Pourtant le nombre de postes d'informaticiens menacés avancé côté direction est bien le même que celui pointé par les syndicats. « C'est un ensemble de 1000 personnes qui est concerné à l'horizon 2014. Un certain nombre aura quitté l'entreprise d'ici là du fait de la pyramide des âges. D'autres vont exercer les nouveaux métiers de l'informatique au sein des caisses. Par exemple, les métiers de concepteur, ou de maîtrise d'ouvrage qui seront nécessaires à la construction du futur système d'information cible. Ceux qui ne seront pas dans ces deux cas ont la garantie d'être reclassés et d'être accompagnés dans cette démarche. Il s'agira le plus souvent d'évolutions fonctionnelles – les équipes informatiques des GIE étant aujourd'hui physiquement situées au sein des sièges sociaux des caisses régionales – mais il y aura aussi quelques évolutions géographiques, sur la base du volontariat », développe Hichem Jaballah.
Si le résultat de l'entrevue direction-syndicats du 30 octobre n'apporte pas à ces derniers les garanties qu'ils attendent, un préavis de grève pourrait être déposé pour le 3 novembre.
















