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Après l'inauguration en grandes pompes fin septembre du nouveau siège français des Microsoftees, qui ont pris leurs quartiers depuis cet été à Issy-les-Moulineaux, c'est au tour des IBMers de faire leurs cartons. La Tour Descartes à La Défense, qui abrite le siège d'IBM France depuis plus de vingt ans, se vide progressivement. Ce sont 4000 salariés de Big Blue qui vont déménager de la Défense à Bois-Colombes, dans la zone d'activité de Bécon-les-Bruyères. IBM s'installe dans un campus de 65 000 m² conçu selon les normes HQE par l'architecte Jean-Paul Viguier. L'ensemble est constitué de cinq bâtiments de cinq à six étages, répartis autour d'un espace vert de plus de 13 000 m² traversé par un plan d'eau (voir vidéo ci dessous). Deux restaurants et trois cafétérias sont prévus, ainsi que des espaces détente à tous les étages.
Dans ce cadre idyllique, les salariés d'IBM devront s'adapter à de nouvelles conditions de travail en open-space, puisqu'il ne restera plus que 16 bureaux sur les 42 000 m² qui leur sont alloués. Un changement radical que confirme Didier Barbé, vice-président marketing et communication d'IBM France : « Tous les salariés, y compris les directions RH et Communication, seront installés dans des open-space confortables. Pour permettre aux salariés de s'isoler, 200 boxes en libre-service - baptisés think tank - ont été prévus, ainsi que 60 salles de réunions avec réservation via un système centralisé. » Ce qui fait craindre l'apparition de certains comportement déviants à Jean-Michel Daire, délégué syndical CFDT d'IBM : « J'ai peur que les managers n'aient tendance à s'approprier ces boxes, voire même à louer des locaux à proximité pour s'isoler. »
Mais côté direction on met l'accent sur l'ouverture : « Ce déménagement concrétise un projet entamé en 2007, expose Didier Barbé. Les nouveaux locaux répondent à notre volonté d'avoir un environnement travail qui corresponde aux valeurs que nous partageons avec nos clients et collaborateurs. Une tour c'est vertical et cloisonné, avec des bureaux fermés, alors que nous sommes une entreprise ouverte qui doit faire en sorte que les collaborateurs travaillent ensemble. » Le nouveau siège se veut la vitrine des innovations technologiques d'IBM. Dans le « cœur de verre », un espace de 600 m², une exposition permanente des usages que les clients font d'internet sera réalisée.
Les syndicats du groupe grincent des dents en invoquant la suppression de 600 bureaux et ont déjà baptisé le site « Bécon-les-Sardines ». Ils craignent que le manque de bureaux n'impose le recours plus intense au télétravail, sans que celui-ci ne fasse l'objet d'un accord d'entreprise. « Le fait qu'il n'y ait pas d'accord permet à IBM de ne pas financer le matériel, le téléphone ou encore, une part de l'électricité des salariés qui travaillent à domicile et réduit les coûts de structure. Jusqu'au printemps 2009, la Compagnie payait l'ADSL pour ceux qui travaillent à domicile, mais c'est terminé », ajoute Jean-Michel Daire.
À Bois-Colombes, les IBMers ne retrouveront pas le principe de l'absence de bureaux dédiés, ni son corollaire, le système de réservation de bureaux controversé de Descartes, Dynamic Work Place. Ce système, qui interdisait de réserver plus de quatre jours d'affilée un bureau, était contourné par les salariés. « On réservait du lundi au jeudi et le mardi, on annulait pour refaire une réservation du mardi au vendredi. Et ainsi de suite... »
Enfin, dernier point qui pêche aux yeux des syndicats, l'accès. S'il n'est distant que de quelques kilomètres de la Défense, le site n'est plus accessible via le RER A, mais par la ligne SNCF de Paris St-Lazare, gare de Bécon-les-Bruyères. Par ailleurs, le site dispose de 1200 emplacements de parking.
Le déménagement devrait se prolonger jusqu'au 12 novembre.
















