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Les disques à mémoire flash ou SSD (Solid State Disk) que l'on trouve aujourd'hui dans les netbooks ou certains serveurs remplaceront-ils les disques durs mécaniques traditionnels, dans les dix années à venir ? Non, répondent Mark Krider, professeur à l'université de Carnegie Mellon et ancien directeur technique de Seagate, et l'un de ses étudiants en doctorat dans un article du site PhysOrg.com. Force est de reconnaître que les deux chercheurs ne se prononcent pas à la légère puisqu'ils ont passé en revue pas moins de 13 technologies de mémoire non volatile à différents stades de développement pour établir leur diagnostic publié dans un article de la IEEE Magnetics Society.
Selon les calculs des deux chercheurs, et en extrapolant d'après les rythmes d'évolution enregistrés depuis vingt ans, en 2020, un disque dur magnétique au format 2,5 pouces devrait offrir une capacité de 14 To pour un coût d'une quarantaine de dollars. Le concurrent tout désigné pour l'heure serait la mémoire flash, utilisée pour la quasi-totalité des SSD actuellement présents sur le marché. Mais elle coûte aujourd'hui environ dix fois plus cher au gigaoctet qu'une technologie disque dur classique. Et même si cet écart devrait se resserrer, des limitations technologiques interdiront à la flash de se maintenir dans la course dans la décennie à venir. Sa densité ne pourra pas augmenter aussi vite que celle des disques durs.
Passant en revue les candidats au remplacement de la mémoire flash, les chercheurs isolent deux challengers crédibles : la mémoire à changement de phase (PCRAM) et celle à couple de transfert de spin (STTRAM). La première, qui exploite les propriétés des chalcogénures capables de passer d'un état amorphe à un état structuré, pourrait rivaliser avec le disque dur en termes de densité, mais celle-ci demande beaucoup d'énergie. Toutefois, l'entreprise Numonyx commercialise déjà, de façon confidentielle, ce type de mémoire.
La seconde, la STTRAM, qui utilise un courant avec un spin polarisé pour modifier l'état de tunnels magnétiques, présenterait pour sa part une bien meilleure efficacité énergétique mais s'avère encore trop restreinte en densité.
Si l'argument économique est imparable, on notera tout de même que l'intérêt des SSD ne réside pas tant dans leur rapport coût/capacité que dans leur capacité d'entrées/sorties. Sur ce point, ils s'avèrent 10 à 100 fois plus performants* que les disques durs mécaniques. On s'oriente donc peut-être vers une période durant laquelle disques durs traditionnels et disques SSD cohabiteront. Les premiers serviront de stockage de masse en aval des seconds, utilisés pour les opérations nécessitant des performances.
(*) Article modifié le 29 novembre. Les disques SSD s'avèrent 10 à 100 fois plus performants que les disques durs mécanique et non une à deux fois meilleurs comme nous l’avions écrit lors de la publication de l’article.
















