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La nouvelle a été officiellement annoncée le 22 octobre en comité d'entreprise. De source intersyndicale (CGT, CFDT, Sud), Fujistu Services supprimerait 126 postes sur les quelque 550 salariés que la société compte en France. Soit un quart de l'effectif. Ce plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) fait suite à celui annoncé en avril dernier chez Fujitsu Technology Solutions, la division constructeur du groupe japonais.
En l'état, avec l'erosion des effectifs ces derniers mois, ce nouveau plan social déboucherait sur le licenciement économique de 98 collaborateurs. Première entité touchée : l'activité de conseil de Fujtisu Services purement et simplement arrêtée. Elle fait vivre 20 consultants spécialisés notamment en organisation et en certification qualité (Lean, Itil). Les fonctions supports – RH, finance, informatique interne – seraient aussi durement touchées, avec un poste supprimé sur deux.
Enfin, les dispatchers, c'est-à-dire les responsables locaux qui planifient les interventions sur site en régions, passeraient de 30 à 5. Ce qui, selon un représentant syndical, devrait dégrader la qualité de service sur le terrain. « La cellule nationale enverra le premier technicien disponible sans tenir compte des spécificités des clients. » Fujitsu Services réalise l'essentiel de son chiffre d'affaires dans la maintenance matérielle et compte pour principales références Total, Auchan ou la SNCF.
Issue de la fusion de Fujitsu Services (ex-ICL), Fujitsu Consulting (ex-DMR) et Fujitsu Technology Solution International (ex-Amdahl), Fujitsu Services France a déjà connu un plan social d'envergure en 2004, avec 98 postes supprimés. Après l'OPA manquée sur GFI, un nouveau directeur général, Michel Ducroizet, est arrivé en octobre 2007. Promu cet été directeur général pour l'ensemble de Fujitsu en France, cet ancien de HP et de Sopra a remis la SSII sur les rails de la profitabilité. Un plan d'économies et d'optimisation a permis de ramener les pertes de 16 millions d'euros il y a un an à 5 millions pour le dernier exercice clos au 31 mars.
En revanche, il manque selon, le délégué syndical interviewé, un plan de reconquête de la clientèle et de développement de nouvelles offres. « Avant, on réparait des PC. Aujourd'hui, on ne fait que changer des pièces. L'expertise de nos techniciens, pour la plupart confirmée, n'est pas mise à profit. Fujitsu Services pourrait monter dans la chaîne de valeur. Nos équipes pourraient, par exemple, évoluer vers l'infogérance de serveurs Exchange. »
Déclenchée jeudi dernier, une grève a été suivie par 80 % de salariés, selon les syndicats. Pour ces derniers, une évolution vers des actions « à la Continental » n'est pas exclue. « Les salariés ont consenti beaucoup d'efforts dans le cadre du plan d'économies. Et alors que la situation s'améliore, on leur sort un plan social. » Le climat social est d'autant plus tendu que la direction n'aurait proposé, à la première réunion, que le minimum légal pour les partants. Deux autres réunions suivront dont la dernière se tiendra le 24 novembre, si aucun report n'intervient d'ici là.
















