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En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
La fuite d'informations est prise très au sérieux dans la Silicon Valley : la compétition entre entreprises est rude, et il n'y a pas de place pour toutes. L'entreprise pour laquelle je travaille y est établie depuis longtemps et elle est reconnue internationalement. Et pourtant, on nous rappelle constamment que la survie de l'entreprise dépend de notre discrétion : la prudence nous impose de ne pas mentionner les projets en cours en public et de ne pas entrer dans le détail de nos activités quotidiennes avec des personnes extérieures au cercle familial. On ne sait jamais, des oreilles indiscrètes mal intentionnées peuvent toujours transmettre ces informations à la concurrence.
Lan Lee et Yuefei Ge sont suspectés d'avoir sciemment détourné des secrets industriels, et leur procès en espionnage s'ouvre cette semaine dans la Silicon Valley. Les deux ingénieurs chinois auraient détourné les plans d'un processeur hyperrapide fabriqué par NetLogic Microsystems et Taiwan Semiconductor, deux entreprises de la Silicon Valley, afin de monter leur propre start-up financée par des capitaux chinois.
Les procès pour espionnage économique sont extrêmement rares aux Etats-Unis, car il est difficile de prouver que le transfert d'informations se fait au profit d'un pays en particulier. Dans le cas de Lee et Ge, les capitaux qu'ils avaient levés pour monter leur start-up provenaient d'un fonds étroitement lié au gouvernement de Pékin. Celui-ci se défend farouchement des accusations dont il fait l'objet, et pourtant il semble que les plans de ce microprocesseur pourraient être utilisés par les entreprises high tech et d'armement chinoises.
Le laxisme des entreprises américaines en matière d'espionnage économique est estimé à 40 milliards de pertes annuelles. Si les deux ingénieurs sont condamnés, ils risquent jusqu'à treize ans de prison.
















