Voyage au cœur d’un futur data center
Les spécialistes de l'hébergement bâtissent de véritables bunkers, susceptibles d’accueillir le système informatique des grandes sociétés françaises. Reportage sur un site en construction chez Interxion.
01net.
le 02/11/2009 à 18h05
Qu'est-ce qui ressemble plus à un centre de données qu'un autre centre de données ? Afin que nous comprenions ce qui se cache dans les entrailles de ces énormes bâtiments, Interxion a accepté de nous ouvrir les portes de son futur data center, encore en chantier. A un jet de pierre du Stade de France, à Saint-Denis, Interxion ouvrira quelque 16 000 m², dont 4 200 entièrement dévolus aux clients et à la haute densité informatique (2 500 W/m²).
« La demande s'oriente vers toujours plus de puissance électrique, de redondance, de câblage optique..., qu'il faut intégrer de façon très dense », explique Fabrice Coquio, directeur général d'Interxion. Le centre sera ainsi alimenté par un total de 32 MW, soit l'équivalent de la puissance électrique d'une ville de 25 000 habitants ! Un tel bâtiment fait vite grimper le prix de l'immobilier dans le quartier, puisqu'il revient aux alentours de 12 000 euros le mètre carré. 3 000 mètres carrés de données sont d'ores et déjà réservés, et la construction ne sera pas achevée que le reste sera également préempté. Afin d'éviter les pertes d'énergie, le centre de données apporte l'électricité à 20 000 V au plus près de son cœur, et la répartition en basse tension s'effectue au plus près des équipements.
Refroidir avec l’air extérieur
En cas de défaillance d'EDF, le centre est équipé de sept générateurs, alimentés en diesel, de 3 MW chacun. Enfin, pour le refroidissement, Interxion a choisi le free cooling, une technologie permettant d'injecter dans les salles l'air extérieur préalablement refroidi. Un procédé qui coûte près de 20 % plus cher que les systèmes de climatisation traditionnels, mais dont le surcoût est absorbé en dix-huit mois environ. En revanche, si le centre de données bénéficie des dernières innovations, tant en termes d'énergie que de rafraîchissement d'air, nul ne peut jurer de son invulnérabilité. Or, dans ce type de centres, même si les pannes sont peu médiatisées, elles ne sont pas rares. « Nous essayons d'isoler chaque salle au maximum, de façon à ce que seule une petite partie soit touchée en cas de problème », explique Fabrice Coquio.