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Lors du dernier IDF, Sean Maloney, directeur général de la division architecture d'Intel, a exhibé devant l'audience le prototype d'un microserveur. Il s'agit d'une carte-mère d'environ 20 x 11,5 cm comportant un seul processeur et quatre barrettes mémoire. Un châssis dédié, qui occupe 5U de hauteur dans une armoire informatique classique, reçoit jusque 16 de ces cartes. Il leur procure alimentation, ventilation, interfaces réseau, et les emplacements nécessaires pour attacher à chaque serveur 3 disques durs au format 2,5 pouces pour le stockage.
Le processeur retenu pour ces cartes appartient à la famille Xeon 3000 de prochaine génération (Clarksdale). Il contient deux cœurs, devrait arriver sur le marché à la fin de cette année ou au début de la suivante, et consommera seulement 30 Watts pour une fréquence de 2,66 GHz. A titre de comparaison, un processeur serveur performant de dernière génération à quatre cœurs consomme de 80 à 130 Watts.
Le 29 octobre dernier, plusieurs de nos confrères présents sur le territoire nord-américain rapportent que Jason Waxman, le patron de l'activité informatique haute densité du constructeur, a déclaré que la prochaine étape consisterait à déposer une description détaillée de ce système auprès du Server System Infrastructure Forum, un organisme de standardisation. Suite à quoi, tout fabriquant qui le souhaite aura le droit de s'appuyer sur ces spécifications pour proposer ses propres microserveurs, et ceci sans devoir un centime à Intel.
Carte compacte, châssis spécifique... tout cela a un furieux parfum de déjà-vu : les serveurs-lames ! Un format certes adopté par les entreprises mais qui, en termes de standardisation, a totalement raté son coup. Chaque constructeur vendant des systèmes rigoureusement incompatibles avec ceux de ses voisins.
Selon Intel, le rôle du microserveur sera très différent de celui des serveurs-lames traditionnels. Il vise à se substituer aux machines à faible activité et faible criticité dans les grandes salles informatiques, typiquement les serveurs Web installés par centaines chez les hébergeurs. Les serveurs-lames, pour leur part, se présentent plutôt aujourd'hui comme des plates-formes coûteuses, caractérisées par la forte intégration de leurs fonctions d'administration aux niveaux serveurs, stockage et réseau, et utilisées pour l'exécution d'applications d'entreprise, particulièrement en environnement virtualisé.
Machine hypersimplifiée, à performances moyennes, à petit prix, le microserveur se distinguerait donc d'abord par sa faible consommation électrique et sa densité. A moins que... d'autres constructeurs n'en tirent parti pour tenter de réaliser enfin la promesse jamais tenue des serveurs-lames : disposer de châssis standardisés dans lesquels l'acheteur panachera comme il l'entend des lames tout aussi standardisées et de différentes provenances. Un bon moyen de relancer la concurrence dans un domaine qui en manque (HP et IBM occupent plus de 70 % du marché des serveurs-lames).
















