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Alors que la grand-messe ApacheCon bat son plein à Oakland (pour les dix ans de la fondation Apache) les équipes de développement de Yahoo! viennent en effet, d'un coup d'un seul, de placer le code du serveur proxy-cache Traffic Server dans l'incubateur d'Apache et de livrer une nouvelle mise à jour de l'implémentation maison d'Hadoop, le Framework Java massivement extensible inspiré de l'environnement de développement pour les architectures Web distribuée MapReduce et du Google File System.
Alors que l'activité de l'entreprise – spécialisée dans les services sur Internet et plus particulièrement dans la recherche – bat de l'aile, ces deux annonces peuvent avoir plusieurs interprétations.
En ce qui concerne Hadoop, tout d'abord, rappelons que Yahoo! avait déjà, au mois de juin dernier, placé sa propre distribution sous licence open source. Sans doute pour gagner la faveur des développeurs de la communauté, mais aussi par manque de moyens en interne sur la recherche et le développement, ce qui est souvent le cas dans ce genre de situation. Yahoo est, de plus, l'un des principaux contributeurs de ce projet, qu'il utilise massivement pour ses services de recherche et de messagerie.
La nouvelle mouture corrige un certain nombre de bogues et intègre des nouveautés comme l'implémentation d'un exécutable pour Linux. Ce qui confirme que l'entreprise investit toujours avec ardeur dans cette technologie de gestion intensive des données et d'applications distribuées.
Mais depuis trois ans, les équipes de développement de la firme californienne ont également plongé les mains dans un autre cambouis : celui du serveur proxy-cache Traffic Server, issu du rachat de la société Inktomi il y sept ans. A l'époque, Yahoo! avait fait main basse sur cette entreprise spécialisée dans le moteur de recherche, au lendemain de l'éclatement de la bulle Internet. Sa devise était : « Construire des applications logicielles scalables qui seront des pièces maîtresse de l'infrastructure d'Internet. »
La jeune pousse, venue tout droit de l'université de Berkeley, était un véritable vivier de talents et de technologies innovantes. L'outil Traffic Server en faisait partie. Adopté notamment par AOL pour gérer de gigantesques flux de trafic, le développement de ce serveur web s'était quelque peu cristallisé. Mais voilà que Yahoo! nous ressort des cartons cette pépite, potentiellement très intéressante pour les spécialistes du web, au même titre que des outils comme nginx ou squid, que Yahoo! utilise d'ailleurs également aux mêmes fins que Traffic Server.
Traffic Server remplit les besoins d'un serveur proxy et cache HTTP 1.1. « Ce serveur représente huit ans d'utilisation intensive et d'ingénierie de qualité dans un produit qui gère 30 milliards d'objets Web par jour sur notre réseau », déclare Yahoo! dans un communiqué. Traffic Server serait capable de supporter 30 000 requêtes par seconde et par serveur. Il gère actuellement 400 térabytes de données par jour, selon Yahoo!
On ne sait pas si la mise open source de ce produit représente réellement une volonté de la part de Yahoo! de promouvoir son développement ou si ce n'est tout simplement parce qu'elle n'a pas les moyens de le maintenir. Il y a quelques temps, Facebook avait fait de même en plaçant sous licence Apache 2.0 son serveur web Tornado. Précisons que Traffic Server est composé de plus de 300 000 lignes de code C/C++. Ce qui rafraîchira un peu l'incubateur Apache, dont les projets sont pour la plupart issus du monde Java.
















