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Cédric Mangaud (Abaxia) : « La Biélorussie, l'eldorado de l'embarqué »

Après trois échecs en offshore, l’éditeur d’applications en téléphonie mobile a créé sa propre filiale à Minsk. Il y a trouvé des compétences dans l’optimisation de code héritées de l’ère soviétique.

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Cédric Mangaud, président et fondateur d'Abaxia
Vous avez certainement eu entre les mains l'un des 23 millions de téléphones mobiles dont l'écran d'accueil, la home screen, a été développé par Abaxia. Leader mondial sur cette niche, cet éditeur français traite avec les plus grands opérateurs et constructeurs. Créé en 2001, Abaxia emploie 67 personnes dont 27 en France et une quarantaine en Biélorussie. Pourquoi s'être implanté dans cet Etat de dix millions d'âmes voisin de la Russie ? Réponse de Cédric Mangaud, son dirigeant.
01netPro. Pourquoi avoir misé sur la Biélorussie, l'un des derniers pays communistes au monde ?
Cédric Mangaud :
Historiquement, la Biélorussie a développé au sein de l'ex-URSS des spécialités dans les domaines de l'informatique, du militaire et spatial. Grâce à cette conjonction de compétences, les Biélorusses ont la logique de l'embarqué dans leur ADN. Ce qui est crucial dans notre métier puisqu'il s'agit d'optimiser le code source sur un terminal limité en ressources. Le cœur d'Android de Google a été conçu en Biélorussie. Plus généralement, nous devions montrer à nos grands clients – Nokia, LG, Samsung, Motorola, Orange ou Vodaphone – notre capacité à nous internationaliser, à nous organiser en multisite. Abaxia réalise 80 % de son chiffre d'affaires à l'étranger.
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De quels effectifs disposez-vous à Minsk ?
Début 2007, nous avons démarré avec cinq personnes, puis triplé l'effectif chaque année. Abaxia est aujourd'hui la plus la plus grosse entreprise informatique française en Biélorussie avec une soixantaine de personnes si l'on tient compte des équipes de MobileTag, une spin-off d'Abaxia. Soixante-dix étudiants des deux universités de Minsk collaborent aussi avec nous. Nous avons mis à leur disposition une grande salle de cours remplie de PC et de mobiles. Ce qui nous permet de repérer les meilleurs éléments. A Minsk, nous sommes chez nous dans la zone franche du Hi-Tech Park, avec nos bureaux, nos salariés. A la différence du mode offshore, posséder sa structure permet de créer une identité d'entreprise.
Quels sont les autres atouts de ce pays ?
Trois heures d'avion en vol direct (et une heure de décalage horaire) séparent Paris et Minsk. Tous les quinze jours, un salarié français part là-bas. Un autre de nos salariés, de la R&D, est lui, carrément parti y vivre. Il tient un rôle pivot essentiel. Flexible, le marché biélorusse ne connaît pas de pénurie de compétences. Le coût de la main d'œuvre y est aussi moins élevé : 2 000 euros chargés contre 5 000 euros en France. Avec une forte évolution salariale en démarrage de carrière. Un jeune diplômé va multiplier son salaire par trois en cinq ans, puis sa rémunération plafonne.
L'économie globale doit être de l'ordre de 50 % en tenant compte des coûts cachés : bureau, management complémentaire... Pour diminuer ces coûts induits, nous avons généralisé la visioconférence. Elle est allumée une grande partie de la journée. Cela permet aux développeurs de travailler avec des collègues et non juste une adresse mail et un compte Skype.
Quid de la stabilité géopolitique ?
La Biélorussie est présidée par le dernier dirigeant communiste de l'ex-bloc soviétique. Une fois qu'on a dit ça, on s'attend à des blocs d'immeuble gris, des gens tristes. Au contraire, le peuple est chaleureux et apprécie le rôle paternaliste joué par l'Etat. Pour éviter les risques de dévaluation, nous rémunérons nos employés en dollars et non en roubles. Nous payons le repas du midi à nos employés, dans une cantine locale. C'est un élément fort de rétention. Il y a très peu de turn-over. L'image de la France est très bonne, en dépit de l'épisode de la Bérézina où les armées de Napoléon avaient été bloquées aux portes Minsk. A l'époque des lumières, tous les grands philosophes s'arrêtaient à Minsk avant d'aller à Saint-Pétersbourg.
La Biélorussie n'était pas votre premier choix, vous avez d'abord fait un tour d'Asie...
Aux Philippines, il est très difficile de retenir les employés. Nous formions des développeurs pendant six mois puis ils partaient à la concurrence du jour au lendemain, parfois pour 50 euros de différence. En Chine, nous nous sommes faits arnaqués par une société qui a depuis disparu. Quant à l'Inde, elle manque de développeurs débrouillards, capables d'optimiser le code. Il y a aussi des façons culturelles de travailler que nous ne savions peut-être pas, à l'époque, surmonter. Avec le recul, ces échecs relatifs nous ont permis de monter en maturité. L'accompagnement du cabinet Offshore Developpement a été aussi précieux. Nous avons bénéficié de ses retours d'expérience et de son carnet d'adresses.
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Avis sur «Cédric Mangaud (Abaxia) : « La Biélorussie, l'eldorado de l'embarqué »»

 

Démocratie

de democrate , posté le 06 novembre 2009 à 22h12
"La Biélorussie est présidée par le dernier dirigeant communiste de l'ex-bloc soviétique. Une fois qu'on a dit ça, on s'attend à des blocs d'immeuble gris, des gens tristes. Au contraire, le peuple est chaleureux et apprécie le rôle paternaliste joué par l'Etat."
C'est ignoble de dire cela la Biélorussie est une dictature!!!
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