Red Hat entre de plain-pied sur le marché de la virtualisation
Le numéro un du marché des distributions Linux propose enfin une solution de virtualisation autonome, qui s'appuie sur l’hyperviseur KVM.
01net.
le 05/11/2009 à 12h55
Red Hat, le numéro un des éditeurs Linux, dispose désormais dans son catalogue d'une solution qui ne fait que de la virtualisation. Red Hat fournissait déjà l'hyperviseur Xen dans ses déclinaisons d'Enterprise Linux, mais il fallait installer tout le système pour n'utiliser que cette seule fonction. A présent, la solution RHEV (Red Hat Enterprise Virtualization), préannoncée en début d'année, installe d'une part, l'hyperviseur sur les serveurs qui hébergeront les machines virtuelles et, d'autre part, le logiciel d'administration RHEV Manager sur une machine de contrôle. Ce dernier sert à déployer les machines virtuelles, à les déplacer à chaud, à les redémarrer, à équilibrer leurs charges, et à les sauvegarder dans un état donné. La solution coûte 399 euros par an et par socle processeur, ou 599 euros avec un support étendu.
KVM à la place de Xen
Ce n'est pas vraiment une surprise : RHEV ne repose pas sur Xen, mais sur KVM, Red Hat ayant racheté en 2008 Qumranet, l'éditeur open source de cet hyperviseur. Celui-ci s'avère plus léger et présente la particularité d'être intégré au noyau standard de Linux. Les machines virtuelles situées au-dessus de KVM peuvent disposer de 16 processeurs virtuels ou cœurs de processeurs, et de 64 Go de mémoire vive chacune. Comparativement, Xen et Hyper-V ne leur affectent que quatre cœurs de processeur et 64 Go de mémoire. ESX 4 de VMware grimpe jusqu'à 255 Go de mémoire par machine virtuelle, mais limite leur nombre de processeurs à huit cœurs.
Autre différence avec Xen, KVM ne nécessite pas d'installer sur les machines virtuelles une version du système d'exploitation spécialement prévue pour être virtualisée. De fait, KVM accepte théoriquement plus d'OS invités que Xen, c'est-à-dire des versions de Windows antérieures à 2003 Server, mais aussi OS/2.
Enfin, KVM économise mieux les ressources de calcul que Xen. D'une part, il supporte de n'attribuer à une machine virtuelle que la mémoire qu'elle utilise et pas celle qu'elle demande. D'autre part, il sait éteindre les cœurs de processeurs inutilisés. Une version de RHEV destinée à la virtualisation du poste de travail devrait paraître vers février 2010.