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« Nous avons atteint le fond de la piscine au second semestre, nous ne pouvons que remonter. » C'est une des expressions, révélatrice, employée par Nicolas Dufourcq, le directeur financier de la SSII, pour commenter les résultats du troisième trimestre. La première SSII française affiche ainsi une chute de 9 % de son chiffre d'affaires. Pire, son activité régresse dans toutes ses lignes de services. Le conseil chute de 17 %, l'intégration de systèmes de 11 % et Sogeti de 14 %. Même l'infogérance, prestation résistante en temps de crise, est en décroissance de 2,7 %. Résultat : Capgemini a revu à la baisse ses prévisions de chiffre d'affaires sur l'année. Alors que le groupe tablait initialement sur un recul des ventes de 3 à 4 %, il vise désormais une baisse de - 5,5 %.
Si les ventes de la SSII sont inférieures aux attentes, ses dirigeants ont toutefois tenu à minimiser la portée de cette dégradation. Arguant que l'objectif principal, le maintien de la rentabilité, est atteint, Capgemini confirme son ambition de marge opérationnelle à 7 % sur l'année.
Les mesures défensives prises pour conserver ce bon niveau de rentabilité ont d'ailleurs pesé sur l'activité. « Ces - 9 % de baisse du CA sont pour beaucoup une conséquence de nos propres décisions de prudence dans un contexte de crise », relève Nicolas Dufourcq. Et de citer le gel volontaire des recrutements et les diverses réductions d'effectifs qui ont diminué d'autant la capacité à générer du chiffre d'affaires, la renégociation ou l'arrêt de certains contrats d'infogérance jugés peu rentables ou encore la montée en puissance de l'offshore qui entraîne une baisse mécanique des revenus. Dans ce domaine, les effectifs indiens ont comme prévu dépassé ceux de la France : l'Inde emploie, fin septembre, 20 432 employés contre 20 161 pour l'Hexagone.
L'activité d'externalisation, pourtant dynamique, a quant à elle été handicapée par l'arrêt d'une partie du contrat (infogérance et BPO) conclu en 2004 avec le spécialiste texan de l'énergie TXU. Un arrêt programmé suite à l'accord de séparation amiable conclu à la fin 2008 avec la société pour cause de changement de propriétaire. En début d'année, la SSII tablait sur une perte de 180 millions d'euros sur ce contrat en 2009.
La décroissance de cette activité est également liée à l'arrêt en fin d'année dernière de la gestion de la production de l'informatique de Schneider. Conséquence : le chiffre d'affaires de l'infogérance pour France est en baisse de 26 %. A noter la bonne résistance de l'intégration de système et du conseil (- 2 %) grâce notamment au renforcement des positions du groupe dans le secteur public. Au final, la filiale hexagonale a vu ses ventes chuter de 10 %.
Pour 2010, Capgemini se veut à nouveau plus conquérant. La société a ainsi décidé de concentrer ses efforts sur cinq offres stratégiques : décisionnel, tierce maintenance applicative, intégration d'infrastructures, réseaux intelligents et tests. Des offres qui doivent dégager 800 millions d'euros de contrats additionnels. Prudente, la SSII anticipe pour l'année prochaine une amélioration progressive de son chiffre d'affaires avant un retour à la croissance vraisemblablement au second semestre.
















