Voyage au cœur d'un futur centre de données

Les spécialistes construisent à tour de bras des bunkers, susceptibles d'accueillir la production informatique des grandes sociétés françaises. Reportage chez Interxion.
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Qu'est-ce qui ressemble plus à un centre de données qu'un autre centre de données ? Pour bien comprendre ce qui se cache dans les entrailles de ces énormes bâtiments, Interxion a accepté de nous ouvrir les portes de son futur datacenter, encore en chantier. A un jet de pierre du Stade de France, à Saint-Denis, Interxion ouvrira quelque 16 000 m2, dont 4 200 entièrement dévolus aux clients et à la haute densité (2 500 W/m2). Il y a encore dix ans, les ratios étaient inversés : sur 1 600 m2, 4 000 étaient destinés à la logistique et aux services.

“ La demande s'oriente vers toujours plus de puissance électrique, de redondance, de câblage optique…, qu'il faut intégrer de façon très dense ”, explique Fabrice Coquio, directeur général d'Interxion. Le centre sera ainsi alimenté par un total de 32 MW, soit l'équivalent de la puissance électrique d'une ville de 25 000 habitants ! Un tel bâtiment fait vite grimper le prix de l'immobilier dans le quartier, puisqu'il revient aux alentours de 12 000 euros le mètre carré. 3 000 m2 sont d'ores et déjà réservés, et la construction ne sera pas achevée que le reste sera également préempté. Afin d'éviter les pertes d'énergie, le centre de données apporte l'électricité à 20 000 V au plus près de son cœur, et la répartition en basse tension s'effectue au plus près des équipements. En cas de défaillance d'EDF, le centre est équipé de sept générateurs, alimentés en diesel, de 3 MW chacun. Enfin, pour le refroidissement, Interxion a choisi le free cooling, une technologie permettant d'injecter dans les salles l'air extérieur préalablement refroidi. Un procédé qui coûte près de 20 % plus cher que les systèmes de climatisation traditionnels, mais dont le surcoût est absorbé en dix-huit mois environ. En revanche, si le centre de données bénéficie des dernières innovations, tant en termes d'énergie que de rafraîchissement d'air, nul ne peut jurer de son invulnérabilité. Or dans ce type de centres, même si les pannes sont peu médiatisées, elles ne sont pas rares. “ Nous essayons d'isoler chaque salle au maximum, de façon à ce que seule une petite partie soit touchée en cas de problème ”, explique Fabrice Coquio.

Le centre de données

Les faux planchers culminent à 1 m du sol. En dessous, les milliers de kilomètres de câbles électriques se fraieront un chemin jusqu'aux serveurs. Une fois achevé, le centre de données (maquette ci-dessus) devra se faire le plus discret possible dans le paysage urbain : le seul habillage de l'édifice coûte près d'un million d'euros.

Énergie

Les chemins de câble s'étagent sur quatre niveaux. Il en fallait deux il y a dix ans (ci-dessous). La tension électrique (20 000 volts arrivent au cœur du centre) est transformée dans la salle TGBT (tableau général basse tension) (ci-contre). Les sept générateurs de secours fonctionnent au diesel (ci-dessous).

Froid

Sur le toit du bâtiment, qui ressemble à un gigantesque imbroglio de tuyaux, 16 groupes de froid sont installés afin d'assurer le free cooling. En forme de cathédrale, les équipements refroidissent l'air, puis le propulse dans les salles informatiques aux étages inférieurs.

Sécurité

Plusieurs salles sont destinées au stockage des bonbonnes de gaz Inergen (nitrogène, Argon, dioxyde de carbone) compressé à 300 bars. Il ne faut qu'une poignée de secondes pour le propulser dans les salles, via des buses (ci-dessous) situées sous le plancher et au-dessus des baies.

Isolation

Ce mur antibruit est situé juste devant la salle abritant les générateurs de secours. Ces derniers développent pas moins de 90 décibels lorsqu'ils se mettent en marche. Le mur antibruit permet de ramener ce vacarme à seulement 45 décibels, soit l'équivalent d'une machine à laver. La salle terminée offre 400 m2 qui hébergeront les serveurs du centre de calcul d'une grande banque.

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