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Bada, « océan » en coréen, est donc le nom du futur système d'exploitation mobile que Samsung lancera dans le courant du premier trimestre 2010 avec un premier modèle de smartphone. Numéro deux du marché mondial (21 % de part de marché, chiffres GFK) et numéro un en France (40 % de part de marché selon GFK), Samsung a considéré qu'il lui fallait un système d'exploitation pour ses produits en optant pour un modèle identique à celui d'Apple, Palm ou RIM qui développent leurs propres OS.
La firme coréenne a choisi la voie d'un OS ouvert, qu'elle présente comme très facilement exploitable pour les développeurs. Certaines fonctions clés de Bada, tels le carnet d'adresses ou la messagerie, seront accessibles afin d'assurer une totale compatibilité avec les applications. Ces dernières seront vendues sur l'Application Store de la firme, qui a ouvert ses portes le 14 septembre dernier en France. Samsung précise que cet OS sera particulièrement optimisé pour les écrans tactiles et qu'il se destine à ses modèles de milieu de gamme. C'est à peu près tout ce que l'on sait pour l'instant, via le site officiel inauguré mardi. Une présentation de Bada est programmée à Londres en décembre, à l'occasion de laquelle sera dévoilé le kit développeurs (SDK).
Android, Blackberry, iPhone, LiMo, Symbian, WebOS, Windows Mobile... Bada sera donc le huitième système d'exploitation à rejoindre le marché. Peut-il s'y faire une place ? On sait que Samsung a acquis une solide expérience dans le domaine des interfaces tactiles avec sa surcouche TouchWiz, considérée comme une réussite. Bada promet du renouveau dans ce domaine avec un environnement entièrement repensé. Ensuite, « tout dépendra de ce qui sera différenciant dans cet OS, de la production de contenu et de la stratégie de communication autour de l'usage », analyse Myriam Saidi, chef de produit marché télécoms pour GFK.
Samsung occupe aujourd'hui une position qui lui donne les moyens de mener un tel projet. Ce choix répond à une certaine logique. D'abord, celle de chercher à reproduire l'écosystème gagnant d'Apple et de RIM avec un OS dédié à des smartphones devenus des icônes, des faiseurs de tendance qui ouvrent une voie royale à leur App Store. On peut aussi y voir une volonté de réaliser de substantielles économies avec un OS maison. Une rumeur prête d'ailleurs à Samsung l'intention de revoir totalement sa politique d'intégration au détriment de Windows Mobile et de Symbian, et au profit d'Android.
En effet, d'après une étude menée par le cabinet HMC Invest Securities, Samsung préparerait une véritable révolution en délaissant massivement Windows Mobile. L'OS de Microsoft, qui équipait en 2008 environ 90 % (80 % cette année) des modèles de la marque, devrait tomber aux alentours des 50 % en 2010 et à 20 % en 2012. La sanction serait encore plus rude pour Symbian, qui commencerait à tirer sa révérence l'année prochaine (environ 5 %), pour carrément disparaître du catalogue Samsung en 2011.
La bascule se ferait bien entendu au profit de Bada dès l'année prochaine (à peu près 15 %), mais surtout d'Android. Samsung miserait gros sur l'OS (gratuit...) de Google, qui équiperait 30 % de ses produits en 2010 et environ 40 % en 2011. Et il ne serait pas le seul ! HTC, le plus gros intégrateur de Windows Mobile, aurait l'intention de faire passer 50 % de sa gamme sous Android à partir de l'année prochaine. Samsung aurait partiellement démenti ces informations dans un communiqué adressé au site Mobileburn, affirmant vouloir « poursuivre sa stratégie multi-OS » et n'avoir aucune volonté d'abandonner Symbian. Prudence diplomatique pour ne pas se fâcher avec des partenaires avant même le lancement de Bada ?
















