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Lettre ouverte à la Commission européenne pour la défense des standards ouverts

Stéfane Fermigier et Roberto Di Cosmo, du Groupe thématique logiciel libre de Systematic, tirent la sonnette d'alarme : la définition d'un standard ouvert disparaît de la deuxième version de l’European Interoperabiliy Framework en cours de préparation.

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Respectivement président et vice-président du GTLL (Groupe thématique logiciel libre) du pôle de compétitivité System@tic Paris Région, Stéfane Fermigier et Roberto Di Cosmo prennent à partie la Commission européenne et l'IDABC sur la deuxième version de l'EIF (European Interoperability Framework). Leur lettre ouverte est un appel à une définition précise des notions de standard ouvert et d'interopérabilité, notions que les deux signataires estiment être remises en cause par la seconde version de l'EIF en cours de préparation à Bruxelles.
Stéfane Fermigier
Stéfane Fermigier
Fondateur de Nuxeo et président du GTLL
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01netpro : Quel est le rôle de l'IDABC ?
Stéfane Fermigier : L'IDABC est chargé d'aider les administrations européennes à rendre leurs systèmes d'information (SI) plus performants et plus interopérables. Seul le SI public est visé, mais le secteur privé et les citoyens sont aussi concernés car ils interagissent avec lui. La première version de l'EIF rédigée par l'IDABC est sortie en 2004. Elle a été saluée à l'époque, car elle fournissait des recommandations sur l'interopérabilité et une définition simple, claire et acceptable des standards ouverts. Mais elle n'était pas très au goût de certains acteurs américains comme Microsoft.
La deuxième version de l'EIF est-elle en cours de préparation ?
Oui. Nous l'avons appris il y a deux ans. L'IDABC faisait alors appel à commentaires. Récemment, une fuite provenant du comité chargé de la rédaction de l'EIF a permis d'obtenir une version préliminaire de la prochaine mouture…, certains participants désapprouvaient certaines orientations. On peut d'ailleurs s'étonner qu'une documentation pour l'interopérabilité soit rédigée et développée de manière fermée, et que les autres acteurs du secteur aient besoin d'une fuite pour prendre connaissance des évolutions en cours.
En quoi cette version pose-t-elle problème ?
Le brouillon de la deuxième version qui circule marque un recul par rapport à la version précédente. Elle s'avère catastrophique à plusieurs niveaux. D'abord, la définition des standards ouverts a disparu. La notion d'ouverture est devenue très vague, et la nouvelle définition qui se dessine pourrait autoriser l'utilisation de standards ouverts mais obligeant à reverser des royalties aux sociétés détentrices de brevets. Sous-jacent à cette problématique, il y a le problème des brevets logiciels. Si l'on autorise les brevets sur un standard ouvert, les spécifications, même publiques, ne seront pas utilisables par certains acteurs. Ensuite, la définition d'interopérabilité ne repose plus sur les standards ouverts, mais dit que si tous les acteurs recourent au même logiciel, l'interopérabilité est garantie. C'est absurde, on ne parle même plus de spécifications, mais d'homogénéité des SI. Effectivement, si on oblige tout le monde à utiliser la suite bureautique de Microsoft, il n'y a plus de problème…
Pourquoi cette deuxième version est-elle si éloignée de la première ?
Certains membres du comité ont été influencés par des lobbies externes. Microsoft exerce des pressions politiques à tous les niveaux. Au sein de Syntec, j'ai assisté à un lobbying de Microsoft, membre du conseil d'administration, qui a abouti au blocage de la sortie d'un livre blanc. Cet éditeur a une stratégie globale à l'international pour faire pression en utilisant des ressources internes ou des associations externes mais qu'il finance entièrement. Ce ne sont pas des actions isolées. Pour l'instant, cette version n'est qu'un brouillon, mais le risque est important. C'est en se mobilisant que nous arriveront à obtenir gain de cause. Il ne faut pas laisser les lobbyistes faire ce qu'ils veulent dans leur coin ; tout doit être rendu public pour faire réagir. Le GTLL a donc envoyé une lettre ouverte à l'IDABC. Les brevets logiciels nous concernent particulièrement, car ils rajoutent des coûts et des risques juridiques aux projets de R&D des sociétés et des laboratoires du consortium D'autres organismes comme l'OW2 ont rédigé des lettres ouvertes.
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4 AVIS SUR CET ARTICLE
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Avis sur «Lettre ouverte à la Commission européenne pour la défense des standards ouverts»

 

libre et open-source

de gnu/linux , posté le 25 novembre 2009 à 01h46
Je suis libre et open-source, je défends la liberté des échanges numérique dans un réseau neutre. A présent rien ne peut empêcher le partage du savoir. Il n'est absolument pas question de négocier une seule de mes libertés avec l'ennemi lobbyiste. Il faudrait être un idiot pour ce laisser berner.
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Problème de citoyenneté

de Guimo , posté le 25 novembre 2009 à 11h58
Les enjeux de l'intéropérabilité vont bien au dela du problème des logiciels libres.

En choisissant comme standard une technologie propriétaire, l'Europe imposerai à ces citoyens d'acheter tel ou tel produit.

Par exemple, si elle imposait le format doc (c'est un exemple), alors les citoyens devraient acquerir MS Office pour communiquer avec elle. C'est très bizarre.

Soit on impose des vrais standards utilisables par tous (donc suffisamment ouverts, décrits et sans brevet abusifs) , soit on laisse le statu-quo d'aujourd'hui, mais par pitié, qu'on ne m'impose pas les produits avec lesquels je devrait communiquer avec l'administration.
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... sans brevets abusifs !

de Chafman , posté le 05 janvier 2010 à 20h39
Cher Guimo,
Pensez-vous sincèrement qu'un détenteur de brevet puisse être philanthrope ? Le brevet logiciel est une hérésie tant sa définition est incohérente : existe-t-il une seule façon de faire quelquechose ? Jusqu'en 2002 British Telecom détenait le brevet sur ... le lien hypertexte ! Imaginons une seconde qu'une cour de justice américaine ne l'ait pas débouté et qu'il faille verser "ce que bon le détenteur exigerait" à chaque clic sur une page web !
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Comment agir ??

de Globetrotteur , posté le 30 novembre 2009 à 11h02
Que peut faire Mr toulemonde face à ces enjeux. Quels sont les moyens d'action ou de soutien ?
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