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L'iPhone et sa place de marché d'application, l'App Store, connaissent un succès sans précédent auprès des développeurs. Il y aurait aujourd'hui plus de 100 000 applications dédiées à l'iPhone sur la place de marché contrôlée par Apple et le fabricant du téléphone mobile doit aujourd'hui faire face à 10 000 nouvelles demandes d'entrée dans l'App Store chaque semaine.
Le nombre d'applications soumises à l'approbation d'Apple explose, le nombre de celles qu'il rejette aussi. Plus que jamais, le constructeur a un droit de vie ou de mort sur les applications appelées à s'installer sur les iPhone. Un site, apprejections.com, collecte d'ailleurs les réclamations des développeurs, qui voient leurs travaux rejetés et qui se jugent injustement brimés.
Depuis le mois de septembre, Apple a cherché à clarifier ses relations avec les développeurs en lançant l'App Store Resource Center. Un site où ils peuvent suivre le processus d'approbation de leur application par les testeurs d'Apple.
Car les règles d'acceptation d'une application par Apple sont multiples. Certaines sont liées au contenu de l'application (pas de pornographie par exemple), certaines à l'ergonomie. « Pour les jeux, l'ergonomie est libre, pas de problème, explique Antoine Cabot, PDG d'Haploid, une société spécialisée dans le développement d'application iPhone (dont celle de 01netPro). Par contre les applications fonctionnelles ou les utilitaires, doivent absolument respecter l'ergonomie conçue par Apple ». Ainsi la barre noire du bas d'écran ne peut être utilisée que pour sélectionner les sections ou rubriques de l'application, mais pas pour lancer des actions. Cette tâche reste associée à la barre supérieure. Les règles sont multiples mais une part de subjectivité persiste dans les rejets : « C'est parfois très subjectif, déplore Antoine Cabot, l'appréciation dépend du testeur sur lequel on va tomber, ce qui biaise un peu les choses ».
Or, voici une dizaine de jours, Apple a rendu la tâche plus complexe encore : les testeurs auditent désormais le code. Le constructeur interdit en effet l'appel des API non documentées de l'iPhone. Restreindre l'accès aux ressources bas niveau du téléphone s'explique, notamment pour des raisons de sécurité. Par contre, certaines limites sont plus difficiles à admettre par les développeurs :le contrôle du volume audio du téléphone, par exemple (cette fonction a été libérée depuis peu), ou, cas le plus spectaculaire, l'usage du Cover Flow (la présentation 3D mise en œuvre par iTune pour afficher les albums), qui n'est pas documenté, et est donc toujours interdit...
Depuis l'instauration de l'audit du code, beaucoup d'applications sont rejetées alors que certaines de leurs concurrentes, utilisant les mêmes API, avaient pu passer entre les mailles du filet. cette situation temporaire est mal perçue par les développeurs qui le font de plus en plus savoir sur le Web. « De nombreuses applications mettant en œuvre le framework de réalité virtuelle NyARToolkit on été recalées alors que certaines sont passées. Elles sont beaucoup plus nombreuses sur Android par exemple ». Si des dents grincent, Antoine Cabot reconnait que ce contrôle de l'écosystème iPhone est aussi une raison de son succès : « c'est la grande force de l'iPhone car cette validation est un gage de qualité des applications. En termes d'interfaces utilisateurs et de bugs par exemple, le niveau global des applications sur iPhone est bien supérieur à celui que l'on trouve sur Android ».
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