La Silicon Valley fait son mercato
Plan? IT
En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur le high-tech saveur locale.
Récemment, quatre de mes collègues ont célébré un anniversaire un peu particulier : toute notre équipe a fêté ses dix ans d'ancienneté dans l'entreprise. Cela peut paraître insignifiant, mais passer autant d'années dans la même société est chose exceptionnelle dans la Silicon Valley. En effet, la mobilité des employés est l'une des caractéristiques de la région, gage du renouvellement des idées et de l'innovation perpétuelle qui font sa force. Les entreprises se battent donc pour attirer les meilleurs, et pour les retenir : mis à part le salaire, on regarde les avantages de chacune (vacances, salle de sport, navette, stock-options, couverture médicale) avant de se décider pour l'une ou l'autre. Il est aussi très commun de voir une personnalité influente d'une entreprise changer d'employeur accompagnée d'une partie de son équipe.
Parmi ces « transferts », quelques-uns ont récemment marqué la Silicon Valley :
- Vic Gundotra : après quinze ans passés chez Microsoft comme « évangéliste de plate-forme », le départ en 2006 de cet ingénieur pour le poste de vice-président en charge de l'ingénierie chez Google a fait grincer des dents, surtout à un moment où le géant de Redmond voyait d'un très mauvais œil le moteur de recherche asseoir sa prédominance dans son domaine. Steve Ballmer, PDG de Microsoft, a toutefois réussi à calmer sa colère qu'il avait laissée éclater lorsque l'un de ses ingénieurs vedettes, Mark Lucovsky, avait également annoncé son départ chez Google : le PDG de Microsoft avait alors lancé une chaise à travers un bureau.
- Josh Elman : en charge de la plate-forme de Facebook, il a préféré rejoindre les rangs de Twitter, grand concurrent du moteur de recherche dans le domaine du « web en temps réel ».
- Sheryl Sandberg : elle a renoncé à son poste de vice-présidente en charge des ventes en ligne chez Google pour devenir, en mars 2008, la directrice opérationnelle d'une petite start-up en pleine expansion, Facebook.
- Tim Armstrong : dirigeant les ventes publicitaires au sein de Google – presque depuis la création de l'entreprise –, il est devenu PDG d'AOL en mars 2009, suite au renvoi de Randy Falco qui occupait ce poste, et de Ron Grant, directeur opérationnel. Tim Amstrong s'est attelé à la lourde tâche de redresser la situation d'AOL, avec une dernière mesure en date assez radicale : licencier 30 % des employés. Il a toutefois précisé qu'il renoncerait à son bonus annuel, évalué à 1,5 million de dollars.
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