Un nouveau délai accordé à Nortel pour vendre ses activités
Le tribunal de commerce de Versailles a de nouveau suspendu l’opération de liquidation judiciaire de Nortel Networks SA. Cette suspension a pour objectif de permettre aux ventes d’actifs de se réaliser.
Hier, le tribunal de commerce de Versailles statuait sur la situation du groupe Nortel en France. Il a notamment répondu favorablement à la demande de prolongation de la suspension des opérations de liquidation judiciaire de Nortel Networks SA (NNSA), la filiale de Nortel France regroupant les activités de R&D, pour une durée de trois mois. Cette suspension a pour objectif de laisser le temps à la filiale de retrouver des repreneurs. A l'origine, il y avait en effet incompatibilité entre l'échéance de la procédure de liquidation entamée en France et le déroulement des opérations de cession au niveau international. Rappelons que la filiale commerciale de l'équipementier, Nortel Networks France, n'est pas touchée par cette procédure.
Les actifs du Canadien repris par des concurrents
Ces dernières semaines, plusieurs concurrents se sont portés acquéreurs des actifs de l'équipementier canadien, dans le cadre de la vente par appartement orchestrée par les administrateurs canadiens. L'équipementier Avaya a obtenu en septembre dernier les actifs « solutions d'entreprise ». Un rachat qui, de source syndicale, devrait donner lieu à la reprise de 71 salariés en France. De son côté, Ericsson reprend la partie télécommunications mobiles normes CDMA, LTE et GSM, pour cette dernière dans la zone nord-américaine uniquement. Moins connu, l'Autrichien Kapsch a obtenu la primauté sur les activités monde de cette partie mobile pour les normes GSM et GSM-R. Cette vente doit se finaliser à la fin du 1er trimestre 2010. Jusqu'à 190 salariés français sont susceptibles d'être repris. La date de la vente de l'activité CVAS (Carrier VoIP and Application Solutions), soit les réseaux de communication voix des opérateurs publics et alternatifs, troisième activité principale de Nortel, est attendue dans les semaines à venir. Une trentaine de salariés en France sont concernés. Enfin, c'est Ciena, le plus petit prétendant, qui a emporté la semaine dernière l'enchère pour le rachat de l'activité plus marginale de réseaux optiques métropolitains.
Les salariés toujours mobilisés
En marge de cette délibération, des salariés ont manifesté devant le tribunal afin de montrer leur mécontentement face aux délais pris pour recevoir leurs indemnités de licenciement. Certaines informations manquantes sur les attestations fournies au Pôle emploi risquaient de retarder le versement de ces indemnités. Ce n'est pas, apparemment, la faute de la bonne volonté de l'administrateur judiciaire. « Renseignements pris auprès de l'administrateur judicaire, des procédures spéciales ont été mises en place afin que ces versements puissent s'effectuer plus rapidement que la normale. Il en a malheureusement résulté quelques erreurs… » mentionne un représentant syndical qui souhaite conserver l'anonymat.
Après la mise en liquidation de la société le 28 mai dernier, un plan social finalisé cet été a conduit à la suppression de 467 emplois (dont 18 non cadres) au sein de NNSA, sur un effectif total de 683 salariés. Une restructuration brutale qui avait donné lieu à un conflit âpre avec les salariés en juillet dernier. En l'absence de repreneur, c'est en revanche l'ensemble des employés qui étaient menacés de licenciement. A ce jour, une soixante de salariés ont retrouvé un emploi, selon le responsable syndical.
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