Un rapport affligeant sur le malaise France Telecom
L’enquête menée par Technologia sur les conditions de travail au sein du groupe France Telecom est accablant : 40 % des salariés estiment que leur santé s’est détériorée.
Douche glaciale pour la direction du groupe France Telecom. Selon l'enquête réalisée par le cabinet Technologia, 65 % de salariés se plaignent de conditions de travail dégradées depuis plusieurs années et ils ne sont plus que 39 % à être fiers d'appartenir à l'opérateur historique contre 96 % auparavant. En particulier, les salariés des centres d'appels, ceux des boutiques, les techniciens d'intervention ou les gestionnaires de clientèle, seraient les plus exposés aux risques psychosociaux.
L'étude révèle également que le « désajustement professionnel » voire « le déclassement professionnel » lié à la réorganisation de l'entreprise entraîne une « insatisfaction globale, une fragilisation psychologique, des conflits de valeur au travail et de fortes incertitudes sur l'avenir ». De plus ils sont 40 % à penser que leur santé s'est détériorée.
Un management de la peur
Pour 67 % des répondants, les exigences de leurs responsables sont trop fortes et ils sont 64 % à trouver que leurs instructions ou leurs demandes sont floues. 62 % estiment qu'ils sont injustement critiqués dans leur travail et 54 % se plaignent d'agressions verbales, de menaces ou de chantages de la part de leurs responsables. A noter que dans les branches produits, services et applicatifs, plus de 70 % des salariés seraient devenus trop nombreux ou trop complexes à gérer. Ils sont d'ailleurs près de 50 % à s'estimer insuffisamment formés pour effectuer correctement leur travail. Enfin, ils sont nombreux (69 %) à trouver les moyens matériels et la qualité de leur informatique insuffisants, inadaptés ou en panne.
De nombreuses alertes du CHSCT non prises en compte
Pire encore. Le cabinet Technologia a également travaillé sur le fonds documentaire constitué par les expertises commandées par le CHSCT et les rapports des médecins du travail. Dans une note de synthèse, le cabinet révèle que toutes les alertes répétées de ces institutions internes sont restées sans effet. Il pointe également les carences de la direction en matière de prévention des risques sociaux, et les dysfonctionnements des politiques de ressources humaines.
Pour la direction « les résultats de l'enquête ne sont pas surprenants, confie Carole Froucht, salariée chez France Telecom et présidente du comité de pilotage de l'enquête Technologia. Nous savions que l'entreprise était en grande difficulté. Toutefois l'enquête nous permet d'identifier les métiers les plus touchés et de comprendre où nous en sommes et pourquoi nous en sommes arrivés là », reconnaît elle.
Ces dernières années, l'entreprise a connu de grandes mutations et s'est engagée à garantir l'emploi à l'ensemble de ses salariés. « De nombreux collaborateurs ont changé de lieu de travail, de fonction, de métier ; par exemple, beaucoup de salariés ont rejoint les centres d'appels et nombre d'entre eux ont perdu leurs repères », reconnaît-elle. A cela s'est ajouté un contexte de rentabilité et de pression des managers. « Et s'il est important de conserver des critères de performance parce que la satisfaction de nos clients en dépend, un meilleur équilibrage entre contrôle et soutien est devenu indispensable ».
Vers un nouveau contrat social
Depuis quelques semaines la direction travaille à un « nouveau contrat social » incluant notamment l'arrêt de la mobilité pour les salariés à moins de trois ans de la retraite, une stabilité de poste pendant au moins trois ans, une gestion des pauses sur les centres d'appels. Sur ce point Carole Froucht, précise : « le système des pauses a été revu et du temps supplémentaire a été accordé aux salariés des centres d'appels. Par ailleurs la direction s'est engagée à recruter 150 responsables de ressources humaines de proximité, 410 postes dans la gestion de la relation clients et l'intervention technique elle prévoit également d'internaliser 1300 postes de sous-traitants ».
L'enquête Technologia, dans son intégralité, est en ligne sur l'intranet de l'entreprise. Elle sera complétée d'un volet qualitatif accompagné d'un entretien mené auprès de quelque 1000 salariés représentatifs qui permettra de préciser les raisons du malaise.

Avis sur «Un rapport affligeant sur le malaise France Telecom »
sceptique
de
otodid`kt
, posté le 16 décembre 2009 à 19h51
Le nouveau contrat social suffira-t-il à changer le mode de management ... ?
Ouvrier
de
Larmiche
, posté le 16 décembre 2009 à 20h28
Ces pauvres employés sont malheureux de leur bonheur .Super protégés ils sont ignorants, ils s'ennuient pour certains et ne savent comment tuer le temps alors ils pleurent et geignent.Qu'ils prennent la place d'un chomeur d'un sdf ........
Qu'ils nous expliquent: ils sont plus de 100000, pourquoi faire? Les concurrents réunis à effectifs moindres sont plus efficaces pourquoi?
Qu'ils nous expliquent: ils sont plus de 100000, pourquoi faire? Les concurrents réunis à effectifs moindres sont plus efficaces pourquoi?
n'importe quoi
de
alouk
, posté le 18 décembre 2009 à 05h53
Tu n'es qu'un ABRUTI fini.
le ridicule peut tuer!
de
jaem
, posté le 20 décembre 2009 à 13h37
oui, le ridicule peut tuer, des propos comme ceux-là, sans explications, sans aucune base réelle,laissent à penser que tous les employés sont des bons à rien! la comparaison avec les autres opérateurs est ridicule puisque ceux ci n'interviennent pas sur le terrain...ils mandatent Orange pour faire le sale boulot!Je crois que Larmiche est de très mauvaise foi, il parle de ce qu'il ne connait pas!!
Hello !
de
Tilleul81
, posté le 16 décembre 2009 à 21h15
A la fois illustration et cause de ce mal-être chez les personnels de l'opérateur : que ce soit en boutique, même "agréée" pour le produit, et encore plus en centre d'appel : incapacité absolue à résoudre un problème technique sur le produit "Hello" par absence totale de formation et d'information spécifique.
Le flicage tue
de
nelectron
, posté le 16 décembre 2009 à 21h23
Certes ces anciens fonctionnaires découvrent avec horreur les joies du travail concurrentiel.
Mais ce qui leur semble le plus dur c'est le nombre de bureaucrates purs par rapport au nombre de "vrais" travailleurs.
Une jolie BD (humoristique ?) résume le problème en quelques images : l'entreprise est comme une barque où il y aurait plus de capitaines que de rameurs.
Une tendance qui va en s'amplifiant partout.
Info édifiante : le 6/10/2009 un employé télécom a débarqué au staff avec son fusil en disant qu'il venait "faire leur fête à ces messieurs". Il a été heureusement désarmé par ses camarades.
FT n'a pas porté plainte, mais devant ce risque d'homicide professionnel ils ont décidé de se préoccuper des suicides.
jm
Médecin du Travail
Mais ce qui leur semble le plus dur c'est le nombre de bureaucrates purs par rapport au nombre de "vrais" travailleurs.
Une jolie BD (humoristique ?) résume le problème en quelques images : l'entreprise est comme une barque où il y aurait plus de capitaines que de rameurs.
Une tendance qui va en s'amplifiant partout.
Info édifiante : le 6/10/2009 un employé télécom a débarqué au staff avec son fusil en disant qu'il venait "faire leur fête à ces messieurs". Il a été heureusement désarmé par ses camarades.
FT n'a pas porté plainte, mais devant ce risque d'homicide professionnel ils ont décidé de se préoccuper des suicides.
jm
Médecin du Travail
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