SAP veut passer la fonction publique au Web 2.0
NKM a confié à SAP le soin d’adapter les réseaux sociaux aux administrations publiques. L’éditeur est associé dans cette tâche à Centrale Paris et à une PME de Sophia-Antipolis. Poisson pilote : la mairie d’Antibes.
Un Facebook pour l'Administration, c'est en bonne voie. SAP s'est vu confier par Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), secrétaire d'Etat pour le développement de l'économie numérique, le soin d'adapter les réseaux sociaux à la fonction publique. Objectif : doter les administrations d'un outil de mise en relation de type Web 2.0.
En externe, l'administré saura plus facilement qui contacter en fonction de ses besoins. En interne, l'administration disposera d'un carnet d'adresses évolué. Selon le trafic, elle sera aussi en mesure de savoir quels services sont boudés et, a contrario, quels nouveaux besoins émergent. Accessoirement, un élu pourra politiquement en tirer les fruits en draguant la génération Y.
Nom de code du projet : Arsa pour Analyse des réseaux sociaux pour les administrations publiques. Pour ce chantier atypique, SAP s'est associé à l'école Centrale Paris, en charge du développement des algorithmes, et à Euclyde, une PME de Sophia-Antipolis spécialisée dans l'hébergement et qui s'est vue confier le portage de la plate-forme sur le cloud. Coordinateur, l'éditeur assurera, lui, l'intégration des technologies.
Arsa fait partie des 44 dossiers labellisés Web 2.0, retenus en septembre suite à un appel à projets dans le cadre du plan de relance numérique de NKM. Première collectivité locale à se prêter au jeu : Antibes. De taille moyenne (80 000 habitants l'hiver), la commune des Alpes-Maritimes a été retenue pour sa représentativité.
Un réseau social à 360°
La technologie SAP d'analyse de réseaux sociaux baptisée SNA (Social network analyzer).
Pour ce projet de deux ans au coût de 1,3 million d'euros, SAP ne part pas de zéro. L'éditeur s'appuiera sur sa technologie d'analyse de réseaux sociaux baptisée SNA (Social Network Analyzer). Développée par le laboratoire de Business Objects de Levallois-Perret, SNA repose sur le concept d'un réseau social à 360°.
Il agrège les différentes sources internes à l'entreprise – annuaire LDAP ou Active Directory, données issues de la messagerie, de la GRC ou de la gestion de projets –, tout en s'interfaçant, si elle le souhaite, avec les réseaux du marché (Facebook, LinkedIn, Viadeo) via des standards comme OpenSocial. Un plug-in pour Outlook permet de voir le profil de son interlocuteur.
« La dimension sociale est faite de relations implicites ou explicites, qu'il s'agisse de liens hiérarchiques, de collaborations ponctuelles, d'interactions avec le Web ou le monde réel, avance Alexis Naïbo, directeur du centre d'innovation de SAP Business Objects. La valorisation d'un individu dépend de sa place dans l'organigramme, mais aussi de ce qu'il sait faire et avec qui il a travaillé. »
Graphiquement très sobre, SNA, dont une démonstration est accessible sur un site public, se présente comme un outil cartographique tissant les liens qui unissent deux collaborateurs, à l'instar, dans un autre domaine, du métamoteur de recherche Kartoo. Des liens initiés dans le cadre d'un contrat, d'un groupe de travail, d'un projet. Plusieurs clients de SAP testent actuellement SNA, dont, bien sûr, les 48 000 collaborateurs de l'éditeur.
Ouvrir la ville à ses administrés
Arsa partira donc de cette technologie qu'elle fera évoluer en fonction des besoins de l'Administration. D'ores et déjà, les pourparlers avec la ville d'Antibes ont fait remonter des besoins jusqu'alors non identifiés. « La municipalité souhaite bâtir un écosystème de ses fournisseurs – qui fait quoi dans les marchés publics –, mais aussi des associations, note Gilles Logeais, directeur de recherche de SAP Labs France, basé à Sophia-Antipolis. Le service des sports s'est aperçu, par exemple, que la voile détient le plus grand nombre de licenciés, alors qu'Antibes est avant tout connue pour le basket et la natation. »
Si l'éditeur estime que SNA peut s'adapter à tout type d'organisation, collectivité locale ou ministère, son implémentation à une administration centrale devrait s'avérer autrement plus délicate que dans une collectivité locale, compte tenu du poids de la hiérarchie et du cycle de décision.
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