Facebook Credits peut-il redistribuer les cartes du paiement électronique ?
Depuis quelque temps déjà Facebook offre un système de paiement interne, Facebook Credits. Une solution de paiement qui monte peu à peu en puissance, avec l'arrivée cette semaine de nouvelles fonctionnalités.
01net.
le 15/01/10 à 17h08
Facebook Gift Shop
Cette esquisse de service eCommerce sur Facebook pourrait être rapidement complétée d'offres partenaires
Voici quelques mois, Facebook lançait en toute discrétion Facebook Credits. Ce système de points permet à tout membre du réseau social d'acheter et d'offrir des cadeaux virtuels disponibles dans le
Facebook Gift Shop ou, fonction plus discutée sur le Web, récompenser l'intervention d'un ami. Ces crédits peuvent être acquis par les utilisateurs au moyen d'un achat avec leur carte bancaire ou via leur mobile. Le prix est de un dollar pour dix crédits. Ce type de monnaie virtuelle est un classique sur les réseaux sociaux dédiés au jeu, dont elle constitue l'un des points clés du
Business Model. Le Linden Dollar de Second Life ou l'or de World of Warcraft sont certainement les monnaies virtuelles les plus connues.
L'ouverture à des tiers reste expérimentale
Cependant les ambitions de Facebook sont loin d'être virtuelles car l'Américain teste l'ouverture de cette monnaie à des partenaires : « En mai 2009 nous avons démarré un test en alpha avec une poignée de développeurs, afin d'explorer les usages possibles de Facebook Credits par nos utilisateurs vis-à-vis d'applications tierces sur Facebook », affirme-t-on à Palo-Alto. L'Américain avance a pas comptés mais poursuit l'expérience : « Nous continuons à étendre ces tests dans le but de faciliter le plus possible l'accès, pour réaliser des transactions sur le site, plus particulièrement au niveau des applications. »
Des partenaires pourront donc commercialiser leurs applications sur Facebook. Peut-être verra-t-on un jour des e-commerçants monter des boutiques sur Facebook, tout est possible. Pour l'heure, l'Américain ne communique pas sur ces ambitions et les taux de commission qu'il compte appliquer à ces partenaires. Le réseau social deviendra-t-il un jour la plus gigantesque galerie marchande au monde ?
Les éditeurs profitent du manque
Rien n'est moins sûr car pour l'heure, alors que Facebook Credits n'en est qu'à ses balbutiements, que le Facebook Gift Shop n'a guère d'articles à vendre, les éditeurs partenaires Facebook commercialisent déjà leurs contenus sans le concours du réseau social. Avec quelques réussites visiblement : « Des éditeurs de jeux notamment enregistrent des succès significatifs sur Facebook », révèle Corinne Chatal, vice-président responsable de la division paiement de Rentabiliweb. « Grâce au système de notification et à l'aspect viral du réseau social, ils ont pu bâtir des communautés de fans de plusieurs centaines de milliers de gens, puis commercialiser leur jeu sur Facebook ». Des éditeurs, dont certains ont choisi la solution de micropaiement Rentabiliweb qui agrège audiotel, SMS, Paypal et carte bancaire. « Cela fonctionne d'autant mieux qu'il s'agit d'un jeu simple. Nous avons été les premiers à fournir une solution de paiement sur Facebook et c'est une offre qui se développe très vite aujourd'hui », conclut la responsable. Facebook va devoir accélérer le développement de son propre système s'il ne veut pas voir cette manne lui passer sous le nez.
L'Asie en pointe sur le micropaiement
La Corée du Sud et le Japon sont les pays les plus avancés au monde en termes de micropaiements. La généralisation des puces NFC dans les mobiles permet au japonais de régler leurs petits achats (transports en commun, distributeurs de boisson) avec leur mobile.
Le Japon compte 108 millions d'abonnés au mobile dont 90 % sont utilisateurs d'Internet Mobile. Le m-Commerce a atteint 10,1 milliards d'euros au Japon en 2008. « Le marché japonais est très en avance », estime Eric Cissé, consultant dans la branche télécommunication et médias de Jitex Consulting Group, expert des marchés asiatiques. « Les Japonais, qui passent beaucoup de temps dans les transports publics, sont équipés en 3G et plus. Ils disposent de débit conséquent, et leurs abonnements les incitent à utiliser Internet sur leurs mobiles ». Ce marché a engendré de puissants portails mobiles tels que Mixi ou MobageTown. Ce dernier représente un trafic de 18 milliards de pages vues par mois et a réalisé au dernier trimestre un chiffre d'affaire de 4 milliards de Yen. Environ 25 % des revenus du site proviennent des bannières de publicité, 17,5 % de l'affiliation, mais 15 % sont générés par les ventes de jeux et 42 % par la vente d'avatars. Autant d'achats qui peuvent être réglés en Mobagold, la monnaie de ce réseau social.