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Humeur : « L’infrastructure est devenue non grata »

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C'était avant la crise. Oracle et SAP venaient de racheter Hyperion et Business Objects, champions du décisionnel et de la gestion de la performance. Avec une même promesse : immerger la Business Intelligence dans l'infrastructure. Les fonctions de reporting et d'analyse devaient être rapprochées des environnements de développement, des serveurs d'applications, des bus de message… C'était l'époque où tout ce qui ne relevait pas directement d'applications métier (PGI, GRC…) prenait le visage d'une « brique d'infrastructure ». Autrement dit, d'un socle structurant qui fournit des services de base à toute l'entreprise.
Quelques mois et une crise plus tard, ce discours a volé en éclats. Ceux qui revendiquaient ce statut d'élément d'infrastructure ont banni ce terme. Fini l'époque où les DSI recevaient des chèques en blanc pour leur chantier d'infrastructure. Les choix sont désormais guidés par la rentabilité immédiate, mesurable au niveau des métiers. Des vendeurs de BPM tels que W4, Pegasystems, Intalio et Software AG, se sont ainsi subitement transformés en fournisseurs de processus prêts à l'emploi, voire d'outils de relation client. EMC-Documentum, connu pour vanter les atouts de son référentiel documentaire, est devenu, lui, éditeur d'applications de Case Management. Et la tendance est identique dans le décisionnel, où les applications analytiques préconfigurées n'ont jamais été autant poussées par les éditeurs historiques.
Ce virage forcé, voire caricatural, vers les métiers suscite plusieurs questions. Si ces éditeurs ont bien configuré des packages métier, sont-ils suffisamment armés commercialement pour les vendre aux fonctionnels, une nouvelle cible pour eux ? Ensuite, à trop délaisser les problématiques de structuration du middleware, et ce au profit d'une logique uniquement guidée par des métiers spécifiques, ces éditeurs risquent de renforcer le fameux cloisonnement des systèmes d'information. Enfin, ce mouvement radical vers les métiers devra être assoupli lorsque la conjoncture reprendra des couleurs, et que les équipes informatiques regagneront le pouvoir qu'elles ont perdu avec la crise.
 
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