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Implanet trace les implants médicaux

De la sortie d’usine à la pose dans le corps du patient, le Français Implanet suit à la trace les prothèses qu'il vend. Pour répondre à la demande du marché, il a étendu sa solution à d’autres acteurs.

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Dans un monde où la traça­bilité des produits est devenue primordiale, la société française Implanet, fabricant de dispositifs médicaux implan­tables, a été créée en 2007, à partir d'un double constat. D'une part, si la traçabilité est développée dans certains secteurs (alimentaire, automobile), elle demeure embryonnaire dans d'autres, comme la santé. Habituellement, celle des prothèses s'effectue par lots entre le fabricant et l'hôpital, ce dernier assurant le suivi jusqu'au patient. «  Nous avons constaté qu'il y avait des progrès à faire », se souvient Emmanuel Grenier, DSI d'Implanet et l'un des fondateurs de la société.
Emmanuel Grenier,  DSI d\'Implanet
Emmanuel Grenier, DSI d'Implanet
« Nous avons adapté notre solution au suivi d'autres implants»
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D'autre part, « les techniques des prothèses orthopédiques ont peu évolué depuis une vingtaine d'années, estime Emmanuel Grenier. Le marché est tenu par quelques groupes qui main­tiennent des prix élevés avec, bien souvent, de pseudo-innovations. » Dès lors, la stratégie d'Implanet est toute... tracée. Elle fabriquera sa spécialité – des prothèses ortho­pédiques « gold standard », c'est-à-dire des produits reconnus par les chirurgiens, couvrant 90 % du spectre de l'ortho­pédie et 30 % moins chers que les autres mo­dèles. Avec un atout supplémentaire : une traçabilité assurée de la fabrication jusqu'à la pose sur le patient.

LES BESOINS : une identification fiable et unique

Restait à trouver la techno­logie capable d'effectuer facilement ce suivi. Implanet se tourne vers les étiquettes RFID passives (sans alimentation). Les systèmes code-barres ou datamatrix sont jugés limités, notamment en termes de quantité d'informations stockées. Celle-ci est bien supérieure dans une étiquette RFID dont la lecture s'effectue, de plus, à distance, à la volée et colis fermé. En outre, sa falsification est beaucoup plus difficile.
Enfin, chaque étiquette RFID contient nativement un numéro de série unique, afin de suivre individuellement chaque prothèse. Le choix du fournisseur de cette technologie se fait tout aussi naturellement. « Nous connais­sions Tagsys, société française, de réputation, souligne Emmanuel Grenier. Et nous voulions un interlo­cuteur proche pour adapter ses produits à nos besoins. »
 
Des implants suivis de bout en bout
Des implants suivis de bout en bout
Le couplage implant-patient s'effectue au moment de l'opération par la lecture du tag RFID. Une fois l'intervention chirurgicale réalisée, les données sont renvoyées au serveur d'Implanet.
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LA MISE EN ŒUVRE : une solution testée avec soin

Le projet est donc bien avancé au moment de la création effective d'Implanet. Matériellement, la mise en œuvre ne pose aucun problème. Reste à faire communiquer le système RFID avec le PGI SAP d'Implanet. Le choix se porte sur le middleware Websphere d'IBM. « Il nous fallait une société de réputation internationale, notamment pour notre extension à l'étranger », précise Emmanuel Grenier. Entre la création de la société et la commercialisation de la première prothèse, il faudra  cinq trimestres, « qui n'ont pas été de trop pour tout mettre en place », note Emmanuel Grenier. Au final, peu d'écueils, de nature informatique plus que RFID.
Ainsi, l'application de lecture sur PDA des étiquettes RFID à l'hôpital, développée initialement en Java, se révèle trop lente. Elle est alors redéveloppée en .Net. L'ensemble constitue l'Implanet Smart System. Un concept qui a séduit une quarantaine de clients en France.

L'UTILISATION : des données centralisées

Toutes les prothèses fabriquées par Implanet sont accompagnées d'étiquettes RFID. Lorsqu'un établissement de santé passe une commande, un lot est constitué, auquel est joint un bon de livraison, contenant une étiquette RFID. A la sortie de l'entre­prise, ce lot passe dans un tunnel qui lit à la volée les étiquettes des prothèses (colis fermé) et celle du bon de livraison, afin de vérifier la concordance entre la comman­de et la livraison.
« En dix-huit mois, nous n'avons pas eu une erreur », souligne Emmanuel Grenier. A l'arrivée, les étiquettes sont lues avec un PDA, afin de vérifier que le bon lot a été livré au bon établissement. Les données sont rapatriées dans la base de données d'Implanet. Lors d'une intervention, l'étiquette de la prothèse utilisée est de nouveau scannée.
« L'intérêt de la solution Tagsys est que chaque étiquette possède un numéro de série unique. Elle est ainsi formellement identifiée », précise Emmanuel Grenier. L'application sur le PDA couple ce numéro de série avec le nom du patient, celui du chirur­gien, la date, le lieu et la nature de l'intervention... Ce qui constitue une sorte de dossier patient dont les données sont stockées de manière sécurisée dans la base d'Implanet. En cas d'intervention ultérieure sur l'implant, la base est mise à jour.

LES BENEFICES : une maintenance facilitée

Ces données sont consultables à tout moment par les ayants droit via un portail web. Des contrôles automatiques permettent, par exemple, de lancer des alertes en cas de date de péremption. Le renouvellement des stocks est automatique. «  Ce qui évite les fax qui se perdent, les erreurs de transcription... », souligne Emmanuel Grenier. Autre intérêt, dans le cas d'un rappel de prothèses, Implanet sait quels patients contacter, ce qui est difficile avec les étiquettes papiers : celles-ci sont collées dans des dossiers papier déposés aux archives qu'il faut retrouver. Long, fastidieux ... et pas toujours très fiable.
Côté coût, une étiquette RFID est trois à cinq fois plus chère qu'un code-barres. Le gain est ailleurs, notamment dans l'automatisation de la chaîne logistique, qui élimine tout risque d'erreur dans la gestion instantanée des lots, des réapprovisionnements automatiques et dans le suivi de la prothèse après implantation. Un bilan qui fait dire à Emmanuel Grenier  : « Si c'était à refaire, hormis quelques ajustements, par exemple sur les PDA, nous ferions les mêmes choix. »

Emmanuel Grenier, DSI d’Implanet

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« Nous avons adapté notre solution au suivi d'autres implants »

Le succès de notre solution de traçage des implants médicaux orthopédiques nous a valu des demandes de gestion de dispositifs médicaux implantables provenant d'autres organismes de santé et d'autres fournisseurs. Après avoir un peu hésité, nous avons décidé d'exploiter ce concept et nous avons créé, au sein d'Implanet, une nouvelle division baptisée du nom de la solution commercialisée : Beep N Track. Nous reprenons les mêmes principes et les mêmes technologies, dont les étiquettes RFID, que dans notre projet. Et nous adaptons nos applications aux nouvelles demandes. Les bases de données sont distinctes des nôtres et sont hébergées dans deux centres de données redondants.

L'entreprise étudiée

Implanet
Activité : fabricant d'implants
médicaux.
Siège : Martillac (33).
CA : non communiqué.
Effectif : 50 personnes.

Problème à résoudre

  • Tracer les implants médicaux depuis leur fabrication jusqu'à leur implantation chez les patients, avec la nécessité de retrouver rapidement chaque dossier médical afin d'assurer un suivi.

Solution déployée

  • Etiquette (tag) RFID à numéro de série unique apposée sur chaque implant et sur chaque colis expédié aux hôpitaux. Middleware Websphere d'IBM. Stockage dans la base de données métier SAP d'Implanet. Suivi via un portail web.

Difficultés rencontrées

  • Pas de problème majeur. Des difficultés mineures telles que la lenteur des applications de lecture des étiquettes sur PDA développées en Java.

Coût du projet

  • Environ 2,5 M€, dont 10 % pour le matériel, 20 % pour les licences et 70 % pour les développements.

 

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