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Censure du Web : l'Inde aussi ?

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Planète IT

En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur le high-tech saveur locale.

Le bras de fer engagé entre Google et les autorités de Pékin le confirme : la censure sur Internet est un problème crucial pour les acteurs du Web présents en Chine. On le sait moins, mais la difficulté est présente aussi chez l'autre géant asiatique, l'Inde.
Certes, la question s'y pose dans des termes très différents. L'Inde est fondamentalement une démocratie, et la liberté d'expression y est une valeur reconnue et respectée. Il n'y a donc pas ici de mécanismes de censure d'Etat comme chez le voisin chinois. Mais la société indienne est extrêmement complexe et cela se reflète dans les règles de fonctionnement du Web.
La nouvelle loi sur les technologies de l'information, entrée en vigueur au dernier trimestre 2009, prévoit que tout contenu de site Internet susceptible de troubler l'ordre public doit être retiré. Les responsables de sites Web qui n'obtempéreraient pas à une telle injonction des pouvoirs publics pourraient passer jusqu'à sept ans en prison...
Cette menace pose de redoutables problèmes aux grandes firmes du Net, et à Google en tout premier lieu. Il se trouve que son site social Orkut est de loin le plus populaire du pays, bien plus que Facebook. Et sur Orkut, toutes les opinions trouvent à s'exprimer, y compris, parfois, les plus provocantes vis-à-vis de tel ou tel groupe. Dans cet Etat-continent de près de 1,2 milliard d'habitants, où cohabitent hindous, musulmans, sikhs, chrétiens et autres, de très nombreux partis politiques parfois extrémistes, d'innombrables groupes ethniques et linguistiques, il n'en faut pas toujours beaucoup pour déclencher des explosions de violence.
Le problème, bien sûr, c'est que l'appréciation de ce qui constitue un contenu manifestement excessif et provocant est très subjective. Comme le montre une excellente enquête du Wall Street Journal, Google est donc amené à naviguer à vue entre la nécessité d'obéir à la loi indienne et le désir de préserver la liberté d'expression de ses utilisateurs.
Mais il n'y a pas que la politique qui soit un sujet explosif pour les groupes Internet actifs en Inde. L'extrême sensibilité des Indiens à tout ce qui touche à la sexualité rend la question très délicate. Dans un pays où il était encore tout récemment inimaginable de voir un baiser au cinéma, la pornographie sur Internet n'est pas la bienvenue. Résultat : différents moteurs de recherche comme Bing de Microsoft, Yahoo ou Flickr ont semble-t-il mis en place des filtres pour empêcher leurs utilisateurs d'accéder à des sites X. Là encore, il s'agit pour les responsables d'obtempérer aux directives officielles, qui interdisent la publication de contenus pornographiques sur le Web. Détail intéressant : les internautes qui s'expriment sur le site du Times of India sont, pour une bonne partie d'entre eux, en faveur d'une telle police des mœurs et regrettent que le gouvernement indien ne soit pas plus strict dans ses interdictions.
Tout cela ne facilite pas la vie des géants Internet mondiaux présents en Inde. Mais il leur faut composer avec les particularités du pays : l'enjeu – le marché en pleine expansion du deuxième pays le plus peuplé du monde – justifie bien des sacrifices.
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