Oracle dévoile sa roadmap d'intégration de Sun
L’éditeur devenu constructeur souhaite se positionner en fournisseur unique de pile intégrée matériel, logiciels et services, en conservant l’offre de Sun, simplifiée.
Hier, on répétait que personne n'a jamais été viré pour avoir choisi IBM. Demain, personne ne le sera pour avoir choisi Oracle. » C'est en substance le doux rêve que caresse l'éditeur depuis qu'il a entériné le rachat de Sun. Lors de la profession de foi qui marquait le top départ de la fusion, Oracle a rabâché la logique derrière ce drôle de mariage : construire des offres intégrées matériel-logiciel-services à la manière d'IBM dans les années 60 ou de ce que propose aujourd'hui Apple dans le grand public. « Plus personne ne se renverra la balle. Nous assumerons toutes les responsabilités », promet Charles Philips, président d'Oracle.
En revanche, l'éditeur a surpris en annonçant conserver la quasi-totalité de l'offre et des investissements Sun. A l'annonce du rachat au printemps dernier, Oracle promettait de dégager 1,5 milliard de profits de la fusion dès la première année. Avec les retards pris pour avoir l'aval de la Commission européenne, on s'attendait à des licenciements massifs et des coupes sombres dans la R&D – Sun reste le fabricant de serveurs qui investit le plus. C'est finalement le contraire. La part de R&D va augmenter et côté personnel, ce sont plus de 2 000 embauches qui sont prévues dans les fonctions commerciales.
Certes, Oracle prévoit toujours de supprimer 2 000 postes, mais essentiellement dans les fonctions support. Il faut dire que Sun avait multiplié les licenciements l'année dernière. Oracle se veut donc offensif. D'une part pour récupérer les clients devant lesquels IBM et HP agitent actuellement les épouvantails. Mais aussi pour imposer cette idée de fournisseur unique et de pile technologique intégrée.
MySQL conserve son indépendance
D'où viendront alors les 1,5 milliard de profits ? Oracle prétend y parvenir en faisant des économies en basculant le matériel Sun en vente directe et en fabrication à la demande. L'offre sera aussi simplifiée, avec une idée maitresse : consolider et standardiser le catalogue autour des machines utilisées par les clients Oracle. Finie donc l'exhaustivité du constructeur. Le matériel sera désormais centré sur les applications Oracle.
Même MySQL, dont l'avenir avait ému la Commission européenne, est épargné. Comme à l'époque Sun, les équipes commerciales et de développement resteront indépendantes. En revanche, Oracle promet un support technique et un service client « de très haut niveau. » Comment ? En profitant justement de cette fameuse pile intégrée avec moins de configurations, qui seront davantage standardisées et certifiées pour fonctionner ensemble. Il prépare aussi une offre de supervision à distance des matériels et des logiciels qu'il déploie.
Rappelons que l'éditeur tire la majeure partie de ses profits de la maintenance sur ses logiciels. Une part qu'il entend jalousement garder et même voir grossir. Notamment en rapatriant toute la maintenance sur les logiciels libres de Sun actuellement assurée par des tiers. Une fois de plus, l'idée reste de n'avoir plus qu'un seul interlocuteur, fournisseur... et levier de négociation. Et si c'était finalement cela l'intérêt du rachat de Sun, mieux enfermer ses clients pour mieux doper sa marge dans les services et la maintenance ?
Devenir des produits Sun chez Oracle
| Produit | Avenir |
|---|---|
| Ultra Sparc | Quatre générations UltraSparc T prévues après l'actuelle. Développements centrés non pas sur le matériel, mais sur la performance applicative |
| Solaris | Investissement en R&D sur la tolérance aux pannes. Le système sera davantage lié aux applications pour automatiser les correctifs. Aucune mention d’Open Solaris. |
| Serveurs haut de gamme | Nouvel accord avec Fujitsu sur la série M, mais réduction du nombre de serveurs au catalogue |
| Serveurs x86 | Fin des serveurs Windows ou pour PME. Quelques modèles resteront néanmoins au catalogue. |
| Stockage | ZFS sera intégré à l’hyperviseur Oracle VM. Appliance ZFS devient la plate-forme de stockage par défaut des applications Oracle. |
| MySQL | L’entité reste indépendante, intégration avec Enterprise Manager, Secure Backup et Audit Vault. Nouvelles extensions prévues |
| OpenOffice | Reste indépendant, l’investissement continu, sera recentré vers le décisionnel et la gestion de contenu. |
| Serveur d’Application | GlassFish repositionné au niveau départemental, WebLogic en haut de gamme, les deux commercialisés par la même équipe. |
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